Association CLI.M.A. 57-67-68
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jeudi, le 09 OCTOBRE 2014
Lettre d'informations n°79 - CLI.M.A. 57-67-68


Nouveautés et informations sur l’association CLI.M.A. 57-67-68,
météo, climato et photo en Alsace-Moselle.


    1] Newsletter du 10 octobre 2014


Vous avez tous appris au cours de l'été la terrible nouvelle, la disparition de notre ami Jean-Luc Feltmann à la suite d'une grave maladie qui l'a prématurément emporté là-haut dans les étoiles, bien au-delà des nuages qu'il aimait tant observer. Sa station de Réding continue d'apparaître dans  la rubrique La Météo en live, de notre site, car ses amis les plus proches ont décidé de faire la maintenance de ses installations en sa mémoire. Jean-Luc est aussi celui qui avait, dans un moment difficile, pris en charge la rédaction de la newsletter, une tâche qu'il a accomplie de longue haleine avec brio, avec enthousiasme et  avec persévérance. Pour cela nous lui en sommes vraiment très reconnaissants.

Mais la vie continue, celle de notre association, qui est orpheline d'un de ses plus actifs dirigeants, également ! Daniel Wuest a accepté de reprendre le flambeau. Pour débuter, celui que nous appelons tous amicalement Dan, essaiera dans la mesure de ses moyens et des possibilités de prendre à sa charge ce rôle de rédacteur, car tout le monde le sait, la newsletter est un outil extraordinaire de communication interne et externe pour CLIMA. Jean-Luc en avait fait un modèle du genre, collant toujours à l'actualité et mettant "en musique" les articles écrits par un petit comité de rédaction informel qui rendait vivant l'objet de notre passion commune. Alors accueillons chaleureusement Dan dans ses nouvelles fonctions, même si pour commencer, les numéros ne paraîtront que tous les deux mois ! Il faut donc le soutenir concrètement, car le travail qui l'attend n'est pas de tout repos, vous le savez aussi bien que nous.

Pour le Comité, Fabien et Jean

 
    2] QUELQUES INFORMATIONS


La prochaine newsletter paraîtra le 10 décembre 2014 juste avant les fêtes de Noël : les articles destinées à ce numéro peuvent être envoyés à Dan au mail suivant: dwuest@club-internet.fr. Nous vous remercions de les adresser avant le 5 décembre pour une question d'organisation.

Conférences : Jean Beck reprendra son cycle de conférence sur l'évolution du climat à la Grange aux paysages à Lorentzen le 24 octobre à 20h. Pour les suivantes vous pouvez vous référer au site : livres-beck.fr, ceci pour ne pas encombrer le calendrier du site www.clima.fr

Les émissions radio sur le temps d'autrefois  peuvent être écoutées sur Est-Fm chaque jour à 19h et sur France Bleu Elsass en dialecte alsacien à 8h30 et à 14h45. Jean Beck participera une fois par mois à l'émission Alsace Matin de France 3 Alsace.

Une nouveau livre de Jean Beck, cette fois-ci davantage axé sur l'histoire régionale, paraîtra aux Editions du belvédère de Pontarlier le 24 octobre : à découvrir sur le site : livres-beck.fr


 
    3] BILAN DU MOIS DE SEPTEMBRE 2014


SEPTEMBRE 2014

 

BILAN DES STATIONS DU RESEAU CLIMA

 Nous avons vécu un mois de septembre doux, sec et bien ensoleillé. Les températures sont parmi les plus chaudes de ces dernières années à comparer avec celles de 2011; rappelons qu'en 2010 nous avons subi un automne assez frais, de 3° sous la moyenne de septembre 2014. La température la plus froide enregistrée est proche des 2° dans les Vosges du Nord, rien à voir avec les premières vraies gelées de septembre 2012 avec -1°. Par contre les minimales de l'année dernière étaient restées en moyenne bien plus élevées à cause d'un ciel souvent couvert.

TEMPÉRATURES :

Normale des températures moyennes : 13.8°

Température moyenne la plus basse : 15.6° à Wimmenau

Température moyenne la plus élevée : 17.5° à Drusenheim et à Beblenheim

Amplitude journalière minimale : 2.9° à Schwobsheim le 12

Amplitude journalière maximale : 17.8° à Monswiller le 28

 

Températures minimales

Température minimale absolue et jour : 1.8° à Wimmenau le 24

La température minimale la plus élevée et jour : 18.3° à Jarny le 18

 

Températures maximales 

Températures maximale absolue et jour : 28.3° à Kintzheim le 6

La température maximale la plus froide et jour : 13.1° au col de Saverne le 23

Nombre de jours avec Tx>=25°C : 10 Jours à Monswiller


 

PRÉCIPITATIONS :

Normale pluviométrique : 66mm

Cumul minimal de précipitations : 18.7mm à Kintzheim

Cumul maximal de précipitations: 80mm à Jarny

Nombre maximal de jours avec précipitations: 12 Jours à Wimmenau

Quantité maximale de précipitations en 24 heures : 56.8 mm à Jarny le 19

Nombre de jours avec grêle : 1 Jour à Gros-Réderching et à Jarny.

Néanmoins dans de nombreuses stations de plaine en Alsace et dans les Vosges du Nord le temps est resté très sec contrairement au sillon mosellan; en moyenne on a pu constater 7 jours de pluie de plus de 1 mm : il a fait un peu plus sec qu'en 2011 et 2009. Rien à voir avec l'année dernière où les pluies ont été conséquentes, avec de 3 à 4 fois plus de cumuls en Alsace et Est-Mosellan.


 

ENSOLEILLEMENT :

Normale durée d’insolation: 159 heures

Ce mois-ci :

157.5 Heures à Schwobsheim

161.8 Heures à Corny-sur-Moselle

171.8 Heures à Sarrebourg

225.9 Heures à Dalhunden


 

AUTRES STATISTIQUES ABSOLUES

Nombre de jours avec orage : 4 Jours à Dalhunden

Nombre de jours avec brouillard : 15 Jours à Corny-sur-Moselle

Rafale de vent maximale : 64.4km/h à Jarny le 19

 

Même si le sillon mosellan a connu davantage de brouillard, ce dernier a moins marqué l'Alsace. Le record de septembre 2009 est loin d'être atteint, mais les grisailles matinales ont été tout de même présentes au lever du jour, bien davantage qu'en septembre 2012 où les brouillards sont restés exceptionnels.

 

Pour rappel :

Toutes les moyennes sont issues d’un panel d’une douzaine de stations de notre région.

Les chiffres tiennent uniquement compte des stations qui ont posté un mois de relevé complet.

 

Fabien et Jean


 
    4] De la simple observation à l’Organisation Météorologique Mondiale


Le besoin de prévoir le temps qu’il va faire a été de tout temps une préoccupation majeure, pour le petit agriculteur, le marchand obligé de voyager de foire en foire et davantage encore pour les marins qui devaient affronter les plus gros risques avec  les tempêtes et les ouragans en pleine mer. Ceux qui avaient le plus de chance de faire de bonnes prévisions météo étaient les bons observateurs, et pour cela il fallait une sacrée expérience ! En dehors de toute norme dans ce domaine, chacun y allait de ses repères plus ou moins fiables.

 En 1805 l'amiral britannique Francis Beaufort  imagine une échelle comportant des critères assez précis pour quantifier le vent en mer et permettre la diffusion d'informations fiables, et ce qui est important, des informations universellement comprises. C’est l'« échelle de Beaufort » qui est toujours utilisée de nos jours : cet « outil » de mesure empirique comporte 13 degrés (de 0 à 12). Initialement, le degré Beaufort, destiné à mieux appréhender les phénomènes météorologiques, correspond à un état de la mer associé à une «fourchette » de la vitesse moyenne du vent sur une durée de dix minutes. Même si, de nos jours, cette vitesse peut être mesurée avec une bonne précision à l'aide d'un anémomètre, il reste commode, en mer, d'estimer cette vitesse par la seule observation des effets du vent sur la surface de la mer. Il fallait à tout prix éviter des conditions extrêmes pour ne pas risquer de perdre les précieuses cargaisons des navires. Mais de prévisions météo comme on les connaît aujourd’hui, il n’y en avait pas, seules les observations transmises par les ports ou par d’autres navigateurs permettaient alors de mieux estimer les risques et de dérouter éventuellement la trajectoire des bateaux.


 

Par-dessus le marché, par périodes, les conditions climatiques se détériorent comme durant l'année sans été, en 1816, qui  a lieu durant le minimum de Dalton : ce phénomène qui se déroule entre 1790 et 1830 environ, coïncide avec une période exceptionnellement froide. Mais cette situation déjà exceptionnelle est très vraisemblablement accentué par une importante éruption volcanique, celle du Tambora en Indonésie qui fait de 6 000 à 10 000 morts le 10 avril 1815 : l’explosion laisse une caldeira de 6 km alors que le volcan  perd 1 400 m de son altitude initiale, c’est dire la violence de l’explosion de ce volcan ! Les énormes quantités de cendres et de poussières projetées dans la stratosphère créent ce que l’on a parfois appelé un « hiver solaire », car la lumière de l’astre de jour est en partie occultée par ces aérosols naturels.


 

La prise de conscience de l'importance de la collaboration mondiale dans le domaine de la météorologie se concrétise vraiment en août de l’année 1853 où se tient dans la capitale belge, Bruxelles, la première Conférence internationale de météorologie maritime. L'invention du télégraphe presque au même moment permet également l'échange en temps réel des informations, une véritable révolution mondiale. Douze météorologues de différents pays (Belgique, Danemark, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Russie, Suède)  décident d'échanger quotidiennement leurs observations : bien sûr, cela nous semble peu de nos jours, mais rapidement se crée un véritable réseau de stations essentiellement située le long des côtes et sur les îles des océans. Les puissances économiques de l’époque s'aperçoivent donc de l'intérêt que peut offrir une meilleure compréhension des climats océaniques en ce qui concerne la sûreté et la rapidité de la navigation commerciale entre l'Europe et les autres continents. L'objectif est d'« établir un système uniforme d'observations météorologiques en mer et de contribuer ainsi à l'élaboration d'un plan général d'observation des vents et des courants océaniques ». Pour ce faire, ils établissent tout d'abord des règles communes pour la prise des mesures et la description des observations, puis se mettent d'accord sur la manière de les transmettre le plus rapidement possible à l’organisation centralisatrice.


 

Une volonté d'élargissement de cette coopération météorologique naît vingt ans après cette première Conférence à Bruxelles et l’on pense alors à créer une organisation plus élaborée pour coordonner les efforts dans ce domaine au niveau international : le premier Congrès météorologique international se tient à Vienne en Autriche en 1873 pour donner naissance à l'Organisation météorologique internationale, l’OMI. Après guerre, en 1947, l’OMI deviendra l’Organisation Météorologique Mondiale, l’OMM : en effet, en septembre de cette année-là, lors de la conférence des directeurs des Services météorologiques nationaux à Washington, la Convention de l'Organisation Météorologique Mondiale placée sous l’égide de l’ONU, est adoptée à l’unanimité. Elle entrera en vigueur le 23 mars 1950.


 

Dix ans après la création de l’OMI, l'éruption du Krakatoa, volcan gris de type explosif situé  en Indonésie, provoque, le 27 août 1883, un raz-de-marée gigantesque qui, par endroits, culmine à 40 mètres de hauteur et qui tue plusieurs dizaines de milliers de personnes ; ce tsunami est perceptible jusqu'en Europe : le réseau incomplet des stations météo existantes n’a guère pu se montrer efficace quant à une éventuelle alerte. La violence du phénomène fut terrible : un bateau, la Berouw, ancré dans la baie de Sumatra au large de Telukbetung en Indonésie, est retrouvé à trois kilomètres des côtes à une altitude de 10 mètres. Le monde entier  ressent les effets de l’éruption, et même sur les côtes de l'Atlantique Nord, on peut encore observer une vague de 12 m de haut. Etrangement avant et pendant la catastrophe on assiste à des couchers de soleil flamboyant et à des lunes bleues.


 

De nouveau 10 ans plus tard, en 1893, le professeur Alexandre Popov (1859-1906),  de Saint-Pétersbourg, physicien et ingénieur russe, invente le principe de l'antenne qui va permettre des liaisons à grande distance. L’ingénieur et inventeur croate établi aux Etats-Unis, Nikola Tesla, expérimente la première communication radio : il dépose le brevet du système sans fil Tesla (radio télégraphe) et met au point des lampes électroniques froides. C’est une révolution qui permettra rapidement des liaisons sans fil, indispensable pour transmettre les alertes aux stations et aux navires. Dès 1895 Guglielmo Marconi (1874-1937) tout jeune physicien, inventeur et plus tard homme d'affaires italien, expérimente les premières liaisons hertziennes à la Villa Griffone en Italie et franchit une étape significative de la télégraphie sans fil à Salvan dans le Valais suisse, durant l'été.



 

Entre temps en 1896 le chimiste suédois Svante Arrhenius, qui sera prix Nobel de chimie en 1903, développe l'embryon de la première théorie environnementaliste, en étudiant l'effet de l'augmentation de la teneur en dioxyde de carbone ou CO2 dans l'atmosphère ; dans son article De l'influence de l'acide carbonique dans l'air sur la température du sol, il cite la vapeur d'eau et le CO2 comme étant les principaux « gaz à effet de serre », et emploie précisément ce terme pour la première fois. Il propose certains calculs qui mettent en évidence l'élévation de la température en fonction de l'élévation de la concentration en CO2 ; il formule donc l'hypothèse du lien entre des variations de concentration au cours des âges géologiques, qui expliquent les variations de températures correspondantes.


 

Le 3 août 1898, en présence du ministre de la Marine, le lieutenant de vaisseau Camille Tissot établit la première liaison radio opérationnelle française en mer  sur une distance de 1 800 mètres à Brest. Convaincu, le ministre prescrit le 6 août au port de Brest de financer l’achat de matériel pour lui permettre de poursuivre ses essais. En octobre Eugène Ducretet  établit la première liaison entre la tour Eiffel et le Panthéon distant de 4 km à Paris. Les progrès en la matière sont fulgurants et Marconi effectue la première liaison transatlantique entre Terre-neuve au Canada et la Cornouaille en Angleterre. Dès 1904, la station Ouessant TSF   effectue des liaisons radiotélégraphiques  sur la longueur d'onde des 600 mètres avec une flotte de 80 paquebots : l'Indicatif (radio) est FFU (station Française Fixe de Ushant). En 1909, 920 passagers seront sauvés lors d’une collision maritime grâce à l'appel en TSF. Le Titanic utilisera pour la première fois le code « SOS » en 1912 : grâce à cela 700  de ses passagers pourront être sauvés par le navire Carpathia. Désormais il ne reste plus qu’à étoffer le réseau des stations météo à travers le monde ; en dehors des stations maritimes, d’autres s’installent essentiellement dans ou aux abords des grandes villes et dans des lieux particuliers intéressant comme c’est le cas pour le Mont Aigoual par exemple.

Jean Beck

D’après Contrôle de la Terre, contrôle de l’Homme : une chronologie, ouvrage encore inédit à paraître au printemps 2015


 

Je remercie l'ensemble des personnes qui ont participé à la rédaction de la Newsletter notamment Fabien KLEIN et Jean BECK.

Daniel WUEST