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samedi, le 10 MAI 2014
Lettre d'informations n°78 - CLI.M.A. 57-67-68


Nouveautés et informations sur l’association CLI.M.A. 57-67-68,
météo, climato et photo en Alsace-Moselle.


    1] Le 10 mai, les dernières nouvelles, les anniversaires


Bonjour à toutes et à tous,

Le 10 mai…en 1912

Bouffée de chaleur dans nos régions !

Le contexte: Le mois de mai 1912 est globalement beau et chaud, même s’il gèle encore en montagne, notamment au Grand Ballon du 1er au 3 où on relève jusqu’à -3,4°c

L’évènement: Il fait même très chaud du 10 au 14 mai 1912 avec des thermomètres qui atteignent déjà les +30°c à +32°c en plaine; mais si on a +32°c à Mulhouse, on ne relève que +29,6°c à Strasbourg.

Et par la suite ? 5 jours plus tard éclateront de violents orages de grêle comme celui qui ravage Struth avec des grêlons de la grandeur d’un œuf. Les températures moyennes sont supérieures de 1,5°c ; les précipitations surtout orageuses restent tout à fait de saison.

Le clin d’œil à l’histoire ! En mai 1912 le nouveau Parlement d’Alsace-Lorraine, le Landtag Elsass-Lothringen, vote ses propres lois : la suppression du Fonds de Grâce Impérial, l’amnistie pour les déserteurs alsaciens et lorrains et les condamnés pour rappel à l’émeute, le choix d’un drapeau pour la région : Rouge et Blanc ; mais c’est un affront vivement ressenti par l’empereur et par toute son administration.

Extrait du livre « Le temps au gré des jours » de Jean-Sébastien Beck

Le livre est vendu au prix public de 20 euros, pour les membres et correspondants de CLIMA, remise de 25% !  

 

Description du livre >  http://www.clima.fr/livres.php

 

Vous pouvez le commander directement ici > j.beck@livres-beck.fr

Jean-Luc


 

Le 10 février nous vous faisions part d’un nouveau partenariat avec TV Cristal.

Clima va présenter plusieurs séquences météo à partir du CD « formation à la météo et au climat » ; le premier tournage pour l’émission Grandeur Nature avait lieu le 28 janvier à Wimmenau ! De plus en plus notre association est demandée pour informer le grand public. Fabien et Jean seront devant la caméra et les séquences seront illustrées par des photos de la photothèque de Jean ! 

Voici donc à présent la vidéo filmé chez Jean Beck à Wimmenau

http://www.tvcristal.net/video.php?id=u9cb623mfa 

Sur un tout autre sujet une deuxième vidéo tourné le 20 février chez Fabien Klein à Gros-Réderching

http://www.tvcristal.net/video.php?id=JTclImJa7D

Fabien


 

Les anniversaires du mois d’avril et début mai:

Didier le 24/04 de Buhl (68)

Thierry le 05/05 de Corny sur Moselle (57) – membre du comité

Très bon anniversaire à vous deux

Jean-Luc


 
    2] Le non-hiver 2013-2014 à Haegen


L’hiver « météorologique » 2013/2014, à savoir décembre 2013, janvier 2014 et février 2014 a été le deuxième le plus doux depuis le début de mes relevés en décembre 1960 ; sa moyenne de +4,7° n’est dépassée que par 2006/2007 (+6°), la moyenne étant de +1,6° et l’autre record étant de -3,3° en 1962/1963. Mon minimum absolu de l’hiver de -3,9° pulvérise le record précédent de -5° en 1974/1975 (moyenne -11,2° et record de -18° en 1986/1987); mon maximum absolu de +16,1° est loin des 20° du 27/02/61 mais au-dessus de la moyenne de 14,3°; (pendant le terrible hiver 1962/1963 la température n’avait jamais dépassé les +8° pendant les 3 mois fatidiques !).

Sur l’ensemble de la saison hivernale je n’ai eu que 29 jours de « petit » gel, c’est là aussi le deuxième total le plus faible après les 16 jours de 2006/2007, la moyenne étant de 79 et le record de 122 en 1968/1969; record absolu aussi pour le nombre de jours d’hiver (jour où la température ne dépasse pas les 0°) : un seul (record précédent 4 en 2006/2007, moyenne 22, et 57 en 1962/1963). Pas de jour avec une température inférieure à -10°, en moyenne il y en a 4 et en 1962/1963 il y en avait 26 !


 

J’ai noté 14 jours de neige (moyenne 32, record 64 en 1969/1970), c’est le troisième total le plus faible après les 8 jours en 2006/2007 et les 10 jours en 1989/1990 mais c’est relatif car il s’agissait surtout de pluie-neige cette année ; cette neige n’a tenu (très provisoirement et jamais une journée complète) que 5 jours au sol : c’est un record absolu (record précédent 6 jours en 1991/1992, moyenne 33 mais 99 en 1969/1970 !). J’arrive à un total de neige cumulée de 25 cm (avec des réserves, voir ci-dessus), la moyenne étant de 63 cm et les records sont de 8 cm en 1991/1992 et de 185 cm en 1969/1970. La hauteur de neige maximale a été de 2 cm (comme en 1991/1992), c’est  un record absolu qui est égalé, la moyenne étant de 17 cm et, à l’opposé, l’autre  record est  de 55 cm en 1968/1969; (en 2006/2007 la couche de neige avait atteint 15 cm).

La quantité totale de précipitations (pour l’hiver météorologique) de 197 mm est relativement modeste (ma moyenne depuis 1993/1994 est de 233 mm, records 416 mm en 1993/1994 et 121 mm en 2005/2006) mais elle s’est produite en 55 jours, nouveau record absolu (le précédent record de 52 jours de pluie datait de 1994/1995, la moyenne étant de 30 jours ; à l’inverse en 1966/1967 il n’y avait que 10 jours de pluie (avec 25 jours de neige).

 Finalement, en tenant compte de l’ensemble de ces paramètres, l’hiver 2013/2014 est encore moins hivernal que 2006/2007, c’est le champion dans cette catégorie depuis plus de 54 ans, il pourrait bien être le « non-hiver » du siècle !

Charles  


 
    3] Les photos d'ailleurs...


Le coup de cœur de la rédaction

Neige et soleil, photo de Vendredi au Glacier de Pisaias 3200m (Val d'Isère) le 06/04/14 à 11h00.


 

Quelque part là haut, photo de Catlino au Val de Galilée (Vosges) le 14/04/14 à 10h20


 

Instable, photo de Vonguckel à Causse de Blandas 666m (Gard) le 22/04/14 à 17h20


 

Le Goéland pose, photo de JP54 à Île de Batz (Finistère) le 29/04/14 à 13h00


 

Neige en altitude et fraîcheur, photo de Jean Beck au-dessus de Doussard (Haute- Savoie) le 29/04/14 à 18h30


 
    4] Le bilan climatique dans nos régions analysé par Fabien


AVRIL 2014: ENCORE UN MOIS TRES DOUX ET TROP SEC

 

Globalement ce mois d’Avril 2014 aura été marqué par la persistance des conditions anticycloniques nous gratifiant d’un temps assez bien ensoleillé, très sec et surtout de nouveau trop doux pour la saison. Un phénomène récurrent qui persiste maintenant depuis décembre 2013. Seule la semaine de Pâques nous a apporté temporairement un peu de fraîcheur avec même quelques petites gelées par endroits.

La sècheresse qui s’est emparé de notre région depuis le début du printemps, s’est prolongé de plus belle durant ce mois, au tout début du mois de la poussière rouge en provenance du Sahara s’est déposée sur nos voitures. Durant la première quinzaine quelques feux de friches et de broussailles se sont déjà déclenchés par endroits, comme en plein été.

Ce n’est que le 26 que la dépression « Sabine » nous a apporté enfin quelques pluies bienfaisantes mais encore bien insuffisantes pour atténuer cette sècheresse, Dame nature a tout de même appréciée !

Enfin avec la clémence des températures, la végétation s’est emballée au fil du mois pour prendre à son issue plus de deux semaines d’avance par rapport à la moyenne de ces dix dernières années et même pratiquement quatre semaines d’avance par rapport à l’année dernière, pour rappel : un mois d’Avril 2013 durant lequel le printemps a bien eu du mal à démarrer et surtout à s’installer durablement

 

TEMPERATURES


D’après la période de référence 1981/2010 la température moyenne d’un mois d’Avril, issue d’un panel d’une douzaine de stations de notre région, devrait se situer autour de 9.1°. Ce mois-ci ces températures moyennes oscillent entre 11° à Réding et 13.8° à Beblenheim et à Schiltigheim, soit un excédent qui varie entre 1.9 et 4.7° selon les secteurs. Notons également que cette température moyenne est plus basse en montagne, elle n’est que de 10.6 à la station de Provenchères-sur-Faves.

 

Ce mois d’Avril 2014 fait donc partie d’une série de quatre mois d’Avril particulièrement doux, tous relevés durant ces huits dernières années, en l’occurrence il s’agit de 2007, 2009 et 2011. Ainsi sur cette période qui couvre en partie la dernière décennie, nous notons donc qu’en moyenne un mois d’Avril sur deux est devenu beaucoup trop doux par rapport à la période de référence citée ci-dessus. Simple coïncidence ou conséquence du réchauffement climatique ?

 

Les extrêmes du mois des stations de plaine :

 

Températures minimales


Température minimale absolue et jour : -2.6° à Réding le 15

La température minimale la plus élevée et jour : 13.7° le 4, dans le Jardin Botanique du col de Saverne, notons également 16.9° le 8 à Schiltigheim intra-muros.

Nombre de jours avec Tn<=0°C : 6 Jours à Réding.

Nombre de jours avec Tn<= -5°C : /

Nombre de jours avec Tn< = -10°C : /


Températures maximales


Températures maximale absolue et jour : 26.4° à Dalhunden le 25

La température maximale la plus froide et jour : 9.9° à Schiltigheim le 15

Nombre de jours avec Tx<=0°C : /

Nombre de jours avec Tx>=25°C : 2 Jours à Dalhunden

Nombre de jours avec Tx>=30°C: /

 


 

PLUVIOMETRIE

 

Après un hiver déjà relativement sec et un mois de Mars beaucoup trop sec le déficit pluviométrique s’est accentué durant ce mois d’Avril 2014, tout aussi pauvre en précipitations que le premier mois du printemps météorologique. En effet la normale pluviométrique sur notre région devrait se situer autour de 54mm, malheureusement la sècheresse superficielle des sols s’est accentuée, pas étonnant quand on voit que beaucoup de nos stations ont eu bien du mal à cumuler 50% du quota normal de précipitations, voire même beaucoup moins pour certaines.

 

Les extrêmes du mois:


Cumul minimal de précipitations : 3.6mm à Corny-sur-Moselle

Cumul maximal de précipitations: 39.4 mm au col de Saverne

Nombre de jours avec précipitations: 14 Jours à Gros-Réderching

Quantité maximale de précipitations en 24 heures : 14.6 mm à Sarrebourg le 21


 

ENSOLEILLEMENT


Malgré un potentiel d’ensoleillement supérieur à celui du mois de Mars, en raison d’une durée du jour en hausse constante, ce mois-ci enregistre un ensoleillement un peu moindre à celui du mois précédent, surtout en Lorraine. L’ensoleillement moyen d’un mois d’Avril devrait osciller autour de 158 heures sur notre région. Ce mois-ci l’astre du jour a brillé durant 169 heures à Corny-sur-Moselle, 183 heures à Sarrebourg, 186 heures à Réding, 204 heures à Schwobsheim et 263 heures à Dalhunden.

 

AUTRES STATISTIQUES ABSOLUES DU RESEAU CLIMA


Nombre de jours avec neige : /

Nombre de jours avec grêle : 1 Jour à Schwobsheim.

Nombre de jours avec orage : 2 Jours à Dalhunden, Haegen, Jarny et à Schwobsheim,

Nombre de jours avec brouillard : 3 Jours à Réding

Nombre de jours avec verglas : /

Nombre de jours avec inondation : /

Rafale de vent maximale : 59.5km/h à Corny-sur-Moselle le 8

 

Fabien

 


 
    5] Appel à contribution


Appel à contribution concernant la publication d'un ouvrage scientifique sur l'Histoire du climat, avec l'aimable accord de l'équipe Clima. 

Soutenez (ou diffusez l'information concernant) la publication d’un ouvrage historique sur le thème des changements climatiques, centré sur Metz et le Pays messin à la fin du Moyen Âge (1400-1530).

Vous pouvez souscrire de façon classique en suivant ce lien: bulletin de souscription

Vous pouvez également participer à la campagne de financement participatif sur Ulule

Il s’agit de l'une des premières tentatives de financement participatif d’un ouvrage universitaire en Sciences Humaines, votre soutien compte ! 

L’Histoire du climat à l’échelle d’une société à taille humaine 

Dans la lignée des travaux fondateurs d’Emmanuel Le Roy Ladurie (auteur de la préface), ce projet de publication s'inscrit dans la réflexion contemporaine sur les sociétés confrontées aux changements climatiques, en s’intéressant au cas particulier de Metz et de son plat-pays, un véritable "État urbain" qui constitue une originalité au Nord des Alpes et qui s’est construit autour de l’une des plus grandes cités de l’Europe occidentale à l’orée de la Renaissance. 



 

Du local au global : une histoire de la vulnérabilité et de la résilience face au climat 

Cet essai d’histoire globale envisage le climat comme une contrainte qui oblige les sociétés à mettre en place diverses stratégies pour s’en affranchir ou s’y adapter. L’enquête mesure la vulnérabilité climatique de la société messine au début – mal connu – du Petit Âge Glaciaire, ainsi que sa capacité de résilience, c’est-à-dire son aptitude à prévoir, anticiper ou sortir des crises induites par le climat. Cet ouvrage de synthèse compare la situation messine aux régions voisines de l’Europe occidentale en s’appuyant sur les recherches internationales les plus récentes dans ce domaine, au croisement de l’Histoire, de la Géographie et de la Climatologie. 

Un sujet dans l’air du temps 

Au moment de la publication du 5e rapport du GIEC et alors que se prépare la 21e Conférence Climat, à Paris en 2015, il est important de ne pas perdre la mémoire : la mise en perspective historique aide à comprendre et, peut-être, à agir.

Fruit de la recherche publique, cette thèse remaniée (Prix spécial du jury du concours de thèse 2012 de la Société Française d’Histoire Urbaine) s’adresse aux chercheurs comme au grand public : elle est riche d’une iconographie abondante (plus de 170 illustrations : plans, cartes, tableaux, graphiques, reproductions d’enluminures, etc.), complétée d’un CD-Rom qui contient les principales bases de données exploitées dans l’étude et s’appuie sur des sources très largement inédites. 

 



 

Sommaire de l’ouvrage 

Préface d’Emmanuel Le Roy Ladurie 

Introduction 

Première partie – Climat messin et Petit Âge Glaciaire : sources, méthodologie, bilan
Chapitre 1 – Apports et limites des sources messines pour l’Histoire du climat
Chapitre 2 – Les indicateurs vendémiologiques et phénologiques
Chapitre 3 – Reconstruction du climat messin (1420-1537)
Chapitre 4 – Les événements extrêmes dans le Pays messin
Conclusion de la première partie

 

Deuxième partie – La vulnérabilité climatique de Metz à la fin du Moyen Âge
Chapitre 5 – La vulnérabilité de l’approvisionnement urbain
Chapitre 6 – La vulnérabilité de la société messine
Chapitre 7 – La capacité de résilience de la société urbaine
Conclusion de la deuxième partie

 

Troisième partie – Les représentations sociales et les attitudes face au climat : une culture du risque climatique ?
Chapitre 8 – Dire, prévoir et prédire le temps : pratiques paysannes et savantes de la météorologie
Chapitre 9 – Les représentations sociales liées au climat : une vision de la nature et du monde
Chapitre 10 – Temps de fêtes, temps de prières : les pratiques cultuelles liées au climat
Chapitre 11 – les procès de sorcellerie, marqueurs de la vulnérabilité et forme de résilience sociale
Conclusion de la troisième partie
 

Conclusion générale 

Annexe : les sources narratives messines.
CD-Rom annexe : sources et bibliographie, publication de séries fiscales, bases de données.

Soutenez donc le nouvel ouvrage de Laurent Litzenburger !

Courriel reçu par Jean-Sébastien Beck


 
    6] La nuit des sorcières ou Héxenàcht


Pour les Celtes, la nuit de la première pleine lune entre l'équinoxe de printemps (21 mars) et le solstice d'été (23 juin) était une date importante du calendrier religieux : on fêtait cette nuit-là le début de l'été et donc le réveil de la nature, le renouveau. C'était l'occasion d'allumer de grands feux de joie pour brûler symboliquement les branches de l'hiver, de danser autour de ces brasiers et de faire des sacrifices sanglants. D'après la mythologie germanique, les sorcières étaient censées organiser une grande fête, un sabbat, pendant cette nuit, dans le massif du Brocken, situé dans le Hartz (Massif d'Allemagne centrale). Avec l'arrivée du christianisme, la pratique traditionnelle de ces grands feux fut considérée comme païenne et liée à la sorcellerie, donc condamnée par l'Eglise.

Les feux et les rondes ne furent pas supprimés pour autant, mais récupérés dans le but de chasser les sorcières, émanation du Mal. On continua donc d'allumer de grands feux, de danser et de chanter le printemps. La nuit du 30 avril au 1er mai fut alors appelée Walpurgisnacht, ou nuit de Walpurgis, car cette sainte était fêtée le lendemain. (Sainte Walpurge ou Gauburge, née vers 710 en Angleterre et abbesse du couvent de Heidenheim, en Franconie). La date de la fête de cette sainte n'est pas innocente, l'église invoque justement sainte Walpurge pour la protection contre les sorcières et les sorts jetés aux humains et aux animaux.

Mais les anciennes traditions avaient la vie dure et les sorcières étaient toujours censées se rendre à leur sabbat pendant cette nuit, pour y rencontrer le diable en personne. Il fallait donc, pour nos ancêtres, se protéger des sorcières qui se déchaînaient pendant cette fameuse nuit du 30 avril au 1er mai. Les paysans s'efforçaient d'être rentrés des champs et d'avoir mené leurs bêtes à l'abreuvoir avant l'Angélus du soir, pour ne plus être obligés de sortir dans la rue et pour éviter de faire de mauvaises rencontres.

Pendant les 9 jours qui précédaient cette fête, l'Eglise faisait sonner les cloches (peut-être à la tombée de la nuit), pour chasser les sorcières. Les villageois sillonnaient les rues du village, en faisant beaucoup de bruit, pour chasser les sorcières. Il n'y a pas si longtemps encore, dans nos villages, au soir du 30 avril, certaines personnes n'oubliaient pas de faire le tour de leur propriété (maison, grange, étable) et d'asperger les ouvertures, même les trous de serrure, avec de l'eau bénite.


 

Elles allaient aussi dans la cour et le jardin pour jeter de l'eau bénite en direction des quatre points cardinaux, vers les champs et les prés. Il était aussi coutume, dans le même but, de placer un peu de sel bénit sur le seuil des maisons. Certains villageois, plus courageux que d'autres, sillonnaient les rues du village, pendant la nuit, en faisant beaucoup de bruit, pour faire peur aux sorcières.

Le but de ces pratiques était évidemment de se protéger personnellement, mais aussi de protéger la maison et les futures récoltes contre les mauvais sorts qui auraient pu être jetés par des esprits malveillants. Les jeunes gens dansaient autour de l'arbre de mai, qui symbolisait également la fertilité de la nature.

La nuit des sorcières, appelée Walpurgisnacht ou Héxenàcht se base donc sur une tradition païenne, reprise à son profit par l'Eglise, et n'a rien à voir avec la nuit des sorcières que nous connaissons dans notre région. Notre Héxenàcht actuelle est en réalité une Freinacht, une nuit de libertés, où tout est possible et permis, comme au temps du carnaval. Dans les pays germaniques, une Freinacht précédait certains jours fériés, comme par exemple le lundi de Pentecôte. Les jeunes gens profitaient de l'occasion qui leur était donnée, pour se défouler, et déplacer tout ce qui se trouvait devant les maisons.

C'est cette Freinacht que nous connaissons dans notre Moselle-Est. Le lien avec la Walpurgisnacht et la Héxenàcht, c'est la présence de " sorcières " pendant cette nuit. Les jeunes gens, conscients de la peur que les sorcières infligeaient aux villageois, profitaient du fait que les gens n'osaient plus sortir jusqu'au lendemain matin, pour se livrer à des facéties bon enfant et jouer des tours à leurs semblables. Les victimes étaient toutes trouvées : une jeune fille qui avait éconduit un soupirant, un voisin grincheux et râleur, un parent avec lequel la famille avait un problème…

Il n'y avait aucune volonté de nuire, ces agissements étaient tout simplement des farces qu'on se faisait et dont souvent on se rendait la pareille l'année suivante. De tout temps, les villageois entreposaient devant leur demeure, sur l'usoir, beaucoup de matériel agricole. C'était également la période où ils rentraient le bois de chauffage qu'ils avaient coupé durant l'hiver, peut-être déjà scié, et qui séchait au soleil devant leur maison. Bref, les objets à déplacer ne manquaient pas : les charrettes, les brouettes, les herses, les charrues, les bancs de conversation, les portes de jardin, les billots, les rondins de bois…


 

A cette époque, les " farceurs " étaient fort nombreux, et ils formaient plusieurs groupes en activité dans les rues du village. Il était évident que le plus grand silence était de rigueur lors de la Héxenàcht, afin de ne pas réveiller les gens endormis. Mais tous ne dormaient pas. Les plus malins attendaient, cachés derrière les volets, le passage de ces mauvais garçons afin de les prendre la main dans le sac, d'en reconnaître l'un ou l'autre pour pouvoir facilement retrouver et récupérer les objets déplacés, et qui restaient parfois introuvables. Dans ce but, il était important de savoir qui était à l'origine de ces méfaits. Il pouvait arriver qu'un objet déplacé ne fût jamais retrouvé, mais cela était très rare. En général les lieux d'entrepôt étaient immuables : au centre-village, ou dans la Kluss, ce petit ravin qui longe la rue de la gare.

Les " sorcières " étaient pourtant difficilement reconnaissables car les rues des villages n'étaient pas toutes éclairées. Plus tard, avec l'avènement de l'éclairage public généralisé, leurs agissements devenaient plus difficiles. La solution pour ramener l'obscurité dans le village fut vite trouvée : il s'agissait d'éclairer, au moyen d'une lampe de poche, la cellule photoélectrique située sur un transformateur et qui commandait l'éclairage. Ainsi l'éclairage public faisait défaut et favorisait les agissements des bandes.

Il n'était pas rare de retrouver une charrue sur le toit de l'abribus de la place du village (édifice aujourd'hui détruit) et la faire descendre n'était pas chose aisée. Il arrivait même qu'un agriculteur, qui, la veille, avait chargé sa charrette de fumier pour la conduire aux champs, la retrouvât déchargée devant l'église, au beau milieu du village. Un autre avait retrouvé sa charrue hissée dans un pommier, mais de colère, il ne la récupéra pas et elle trôna pendant une bonne année au milieu des pommes. L'histoire ne dit pas comment il se débrouilla pour labourer son champ. Les charrettes non rentrées et non enchaînées disparaissaient systématiquement et se retrouvaient parfois dans des lieux reculés du village. Leur déplacement était chose aisée, puisque presque toutes les rues du village sont en pente. Mais les charrettes aux roues en bois cerclées de fer étaient bruyantes et il fallait faire vite au moment de les déplacer. Les remorques munies de pneus étaient préférées, car silencieuses.

Telle personne qui avait monté un échafaudage à sa maison en construction le retrouvait démonté un peu plus loin dans la rue. Les rondins de bois servaient à barricader les portes d'entrée. Même certains objets laissés à l'arrière de la maison et que l'on croyait en sécurité, disparaissaient, comme par exemple les balançoires ou balancelles pourtant assez encombrantes.


 

Au réveil, le décor de certaines rues avait changé par suite du déplacement des objets et l'hilarité de certains répondait à la colère d'autres habitants. Pendant la nuit, quelques mauvais perdants n'hésitaient pas à se munir d'une carabine ou d'un tuyau d'arrosage pour essayer de surprendre les plaisantins. Il aurait été bien plus sage de laisser faire et d'accepter ces plaisanteries, car l'année suivante les " sorcières " en profitaient pour se venger et aggravaient leurs agissements envers ces râleurs. De nos jours, les charrettes à déplacer, le fumier à décharger, cela n'existe plus. Aussi les bancs que l'on retrouve devant la poste, ou les poubelles que l'on doit récupérer dans une autre rue sont choses courante. De même pour les pots de fleurs, les paillassons et autres objets laissés imprudemment dehors. En ville, la Héxenàcht avait un autre aspect, car il n'y avait rien à déplacer devant les immeubles. Aussi s'amusait-on à enduire de graisse les clenches des portes, à enrouler du papier hygiénique autour des arbres, des poteaux électriques et à verser du liquide vaisselle dans les fontaines publiques pour avoir un spectacle " mousse ".

Comme d'habitude dans ce genre d'amusements, les excès et les débordements devinrent inévitables. Actuellement, on ne s'attaque pas seulement aux biens des particuliers (boîtes aux lettres dégradées et arrachées, façades souillées et même taguées, véhicules rayés, objets qui ne sont plus jamais retrouvés…), mais aussi aux biens publics (bacs à fleurs, bancs, panneaux de signalisation…)

Les forces de l'ordre sont obligées de faire des rondes pour dissuader les groupes les plus virulents. Les communes ainsi que les particuliers n'hésitent pas à porter plainte car les dommages subis sont parfois conséquents. Il est dommage que la tradition de la Héxenàcht serve de prétexte au défoulement de certains casseurs, comme ceux qu'on retrouve dans toutes les manifestations urbaines qui dégénèrent.

Espérons que cette tradition de la nuit des sorcières puisse continuer, car elle fait partie de notre patrimoine culturel. Mais il faudrait pourtant qu'elle se déroule dans le respect des biens de chacun, ainsi que des biens de la communauté.

Fabien

Sources : http//fr.wikipédia.org et http//de.wikipédia.org

Vie familiale, dimanches et jours de fête. Coutumes et traditions en Sarre-Lor-Lux.

Monika Sommer-Hasenstein. Editions Gollenstein. Mémoire collective.


 
    7] Le temps à Haegen en mars et avril


 Mars 2014 est le dixième mois consécutif trop doux !

 Avec une moyenne de 9,6° c’est aussi le deuxième mois de mars le plus doux depuis au moins 54 ans….Seul mars 2012 avec  10° était encore plus doux (moyenne  depuis 1961 5,9°  mars 1971 était le plus froid  avec  1,3° et l’an passé on était à 3,4° seulement. Mon minimum absolu a été de -0,4° contre -4,5° normalement, il n’est dépassé que par les +1° en 2012, 2007 et 1997 ; en 1971 il avait fait -14° ! Mon maximum de 22,4° dépasse la moyenne de près de 5°, il n’est dépassé que par les 24° en 1989 et 1998 et par les 23° en 1981. Je n’ai eu qu’un seul jour de gel (moyenne 11, records 24 en 1971, aucun en 1997, 2007 et 2012 et 19 l’an passé) ; de plus en mars 1971 la température était restée négative pendant 6 journées complètes et elle était descendue sous la barre des -10° à 5 reprises !

Aucun jour de neige (même si un peu de grésil est tombé parfois, blanchissant même momentanément le sol le 24), moyenne 5 et record 15 l’an passé ! Aucun jour avec un sol enneigé évidemment (moyenne 5, record 18 en 1970) ; en mars il tombe en moyenne 9 cm de neige cumulée (record 66 cm en 1970) et la couche maximale est de 5 cm en moyenne (record 27 cm en 1965).

Mars 2014 a été un mois très sec, il n’est tombé que 18 mm de précipitations comme en 2011 (moyenne depuis 1994  60 mm, record 159 mm en 2001), seul mars 2011 a été encore plus sec avec 11 mm seulement ; il y a eu 6 jours de pluie (moyenne 11, records 3 en 1996 et 25 en 1988).

Charles


 

 Avril 2014  encore un mois beaucoup trop doux !

Les mois se suivent et se ressemblent, avril 2014 est le onzième mois consécutif trop doux ! Avec 13,2° de moyenne il est également le quatrième mois d’avril le plus doux depuis le début de mes  relevés en 1961, en n’étant dépassé que par avril 2009 (14,1°), avril 2011 (15,1°) et avril 2007 (15,7°), la moyenne est de 9,8° (le « Deutscher Wetterdienst » est arrivé au même classement depuis le début des relevés en 1881 en Allemagne! Mes mois d’avril les plus froids sont avril 1977 (6,9°), avrils 1986 et 1973 (6,8°) et  avril 1970 (6,7°). Mon minimum de +1,2° est aussi mon cinquième minimum le plus doux pour un mois d’avril après les +2° en 1961 et 2007, +3,7° en 2011, +4,5° en 2009 (moyenne -1,2°  records -5° en 1986, -4° en 1973, 1977, 1982 et 2003). Mon maximum absolu de 24,2° est proche de la moyenne de 23,2° (records 29,3° en 2012 et 18° en 1986).

J’ai eu des gelées blanches mais aucun jour de gel sous abri (moyenne 4, record 14 en 1973); pas de jour de neige non plus (moyenne 2, record 10 en 1980) ; en 1970 il était tombé 22 cm de neige cumulée et la hauteur maximale de neige avait atteint 7 cm en 1968.

Avril 2014 a été relativement sec : 31 mm de précipitations pour une moyenne de 49 mm depuis 1994 (records 7 mm en 2007 et 125 mm en 1998) en 11 jours de pluie (moyenne 12, records 3 jours en 2007 et 23 jours en 1983).

Charles


 
    8] Les photos retenues par le jury au mois d'avril


Le printemps est bien là !

 

Syrphes et abeilles charpentières sont au rendez vous. Les couchers de soleil sont toujours aussi féeriques.

 

Yves


 

1) Ciel d'été, lieu Wimmenau le 11/04/14 à 20h00 auteur Jean Beck


 

2) Touchez pas à ma glycine, lieu Wimmenau le 10/04/14 à 17h30 auteur Jean Beck


 

3) Les pommiers fleurissent et les abeilles butinent, lieu Still le 12/04/14 à 13h00 auteur Style67


 

4) Nuages d'altitude, lieu Wimmenau le 02/04/14 à 20h00 auteur Jean Beck


 

5) Flamboyant, lieu Wimmenau le 09/04/14 à 20h20 auteur Jean Beck


 

6) Le clocher en fleurs, lieu Haegen le 01/04/14 à 16h00 auteur Vendredi



 

Un grand merci à nos contributeurs et aux membres du jury photos

Merci de nous avoir lu

Pour la rédaction, Jean-Luc