Association CLI.M.A. 57-67-68
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mercredi, le 11 MARS 2009
Lettre d'informations n°20 - CLI.M.A. 57-67-68


Nouveautés et informations sur l’association CLI.M.A. 57-67-68,
météo, climato et photo en Alsace-Moselle.


    1] Le bilan du mois de février


Introduction: 

Après un mois de janvier caractérisé par un temps froid, de quelques degrés sous les moyennes habituelles, février 2009 a gardé un caractère hivernal, même si les moyennes restent assez proches de celles que l'on dit « de saison ». La diiférence se situe entre 1 et 2°C sous la norme selon les stations. Les températures extrêmes ont été plus élevées pour les maximales à cause du dernier jour du mois quasiment printanier, que pour les minimales qui sont restées dans une « fourchette » modérée.

 

Le temps de ce mois de février a été relativement mou sans grands écarts en dehors de la tempête « Quinten » avec ses vents forts et ses pluies abondantes et du redoux considérable du dernier jour.

Pour la pluviométrie, neige et pluie se sont largement partagés le niveau important des précipitations qui sont par endroit du double des précipitations normales. En montagne il y a eu un très bon enneigement ininterrompu depuis la fin novembre 2008, ce qui est à relever; nos stations de ski ont connu de bonnes conditions météo après deux années désastreuses.

 

Pour l'ensoleillement, ce n'est pas la même chose, l'astre du jour nous a souvent fait défaut, notamment sur la Moselle et sur le nord du Bas-Rhin.

 

 

Le déroulement :

du 1 au 3 février : neige et verglas

tout d'abord par vent d'Est, des préciptations sous forme de faibles neiges et pluies verglaçantes se produisent avec une chute de la pression sous les 1000 hPa. Une dépression venue d'Allemagne traverse la France et fusionne avec une dépression atlantique; s'en suit une ondulation qui touche l'Ouest de la Lorraine tout en préservant l'Alsace; un temps plus calme s'établit le 3 février avec mêmela réapparition du soleil.

du 4 au 8 février : temps faiblement perturbé

la pression reste basse avec toujours de l'air froid en basse couche; les pluies verglaçantes gênent les déplacements sur nos routes glissantes du 4 au 6 février; en effet un grand complexe dépressionnaire sur l'Atlantique maintient ce temps humide et très frais par flux de SO. Les pluies se généralisent le 8 février tandis qu'une pulsion froide descend jusque vers l'Espagne trop à l'ouest depuis l'Angleterre par-dessus l'Atlantique.

Du 9 au 10 février : la tempête Quinten

elle traverse la France d'Ouest en Est avec beaucoup de pluies, de grêle et de neige mouillée et une certaine douceur momentanée; les vents forts touchent notre région principalement le 10 février avec des pointes à plus de 120 km/h, le nord de la région étant moins secoué. Plus de peur que de mal car on s'attendait au pire.


 

Du 11 au 15 février : neige et verglas

le temps reste hivernal avec un refroidissement très modéré et une remontée progressive de la pression; nous sommes concernés par une descente d'air froid polaire maritime très humide par vent de NO. Dès le 12 février les conditions sont de nouveau anticycloniques et il fait même très froid le 15 février.

Du 16 au 21 février : nouveaux passages pluvio-neigeux

neige et pluie se succèdent ou se mélangent dans une ambiance moins froide en fin de période car les perturbations font le tour de l'anticyclone par le Nord, pour redescendre sur son flanc Est par flux de Nord ou Nord-Ouest. Notre région est en marge de l'air plus doux situé sur l'Ouest de la France et également en marge de la goutte froide présente sur l'Europe Centrale. En fonction de la poussée de ces masses d'air, le temps passe de la pluie à la neige et vice versa.

Du 22 au 26 février : temps moins froid mais souvent maussade

il neige encore mais la pluie prend rapidement le relai en plaine; le brouillard est souvent présent principalement en matinée et en soirée. L'anticyclone persiste et signe dans le même flux « mou » de NO. Le temps devient plus sec à partir du 25 février avec l'apparition de nouvelles gelées.


 

Du 27 au 28 février : sérieux réchauffement

le temps devient rapidement plus doux avec encore beaucoup d'humidité et de nébulosité le 27 février; des fronts chauds frôlent notre région car les perturbations filent sur l'Europe du Nord en contournant l'anticyclone qui nous concerne toujours. Le flux tourne au Sud, de l'air très doux envahit l'Alsace et la Lorraine et le dernier jour du mois est quasiment printanier avec, par endroits, des thermomètres qui ont pu franchir le seuil de +15°C.

Conclusions:

Nous avons connu un mois de février digne de ce nom, hivernal mais sans excès, très bien enneigé en montagne jusqu'à moyenne altitude, ce qui fait du bien après deux hiver trop doux ! Les situations météorologiques que nous avons pu suivre avec beaucoup d'intérêt ont été passionnantes même si, la plupart du temps, nous avons évité des conditions de temps plus froides et plus neigeuses qui se sont rabattues sur d'autres contrées.

Certains de nos prévisionnistes ont pu être frustrés mais c'est le lot de notre région qui se situe entre deux types de climat, l'océanique et le continental. On se consolera en affirmant que cette année-ci le mois de février n'a pas eu de caractère « breton » et se situe dans une bonne moyenne d'hivers bien caractérisés dans la situation géographique dans laquelle nous nous trouvons.

Jean Beck

 


 
    2] Les photos du mois


L'hiver se prolonge en ce mois de février, il fait un froid de canard ce matin ! Mais où sont les bottes fourrées des moutons ? Le train file malgré la tempête de neige, le trafic bloqué sur le canal de la Marne au Rhin, une lune bien ronde ce matin et pour finir un peu de douceur avec un ciel rose en cette fin de journée.

Très en forme le Président de notre association, ses appareils ont chauffés durant ce mois!

Pour le jury, Jean-luc


 
Wimmenau Parc Vosges du Nord, le 14.02.09 à 9h20 par Beck Jean.jpg

 
Waldhambach, le 14.02.09 à 17h30 par Deichel Alain.jpg

 
Wimmenau Parc Vosges du Nord, le 16.02.09 à 8h00 par Beck Jean.jpg

 
Hochfelden (canal de la Marne au Rhin) le 19.02.09 à 17h40 par Beck Jean.jpg

 

Wimmenau Parc Vosges du Nord, le 12.02.09 à 8h10 par Beck Jean.jpg

 


 
Wimmenau Parc Vosges du Nord, le 14.02.09 à 17h40 par Beck Jean.jpg

 
    3] Et si on parlait un peu du givre ?


Le givre est quelque chose de magique car il est capable de transformer les paysages en lieux merveilleux, parfois  féériques lorsqu'il se dépose sur les arbres, la végétation et même sur les équipements extérieurs, les journées d'hiver; le givre  est parfois encore plus impressionnant que la neige car il est capable de tout recouvrir ou de s'accrocher dans tous les sens quand il est associé au brouillard dit « givrant ».

 

Par contre le givre a aussi de nombreux inconvénients que les automobilistes connaissent bien; il se dépose presque obligatoirement par temps de gel lorsqu'il y a du brouillard:  en général,  la visibilité est limitée, parfois très réduite en cas de nébulosité forte, et il transforme les routes et les rues en  chaussées glissantes, et plus particulièrment sur les tabliers des ponts sous lesquels l'air froid circule facilement; une trop grande accumulation peut même casser des branches d'arbres et abîmer des pylônes électriques !

 

En montagne, lorsque le givre se plaque sur les rochers, il rend la marche ou la grimpette difficile... les alpinistes  connaissent bien le phénomène.

 


 

Le givre n'est en fait qu'un simple dépôt de glace qui peut se présenter sous des aspects différents; il  provient de la congélation de gouttelettes de brouillard ou de nuages avec des gouttelettes en surfusion (dont la température est négative), et cette congélation se fait sur des objets dont la surface est à une température inférieure ou égale à 0°C. La beauté de ces cristaux n'est plus à vanter, ils  peuvent prendre des formes diverses en fonction des changements de vent en direction et en puissance; des aiguilles de givres peuvent devenir très longues, presque irréelles. Le givre accumulé sur les arbres tombe facilement dès que l'on dépasse le seuil de 0°C, ce qui peut former des couches importantes au pied des arbres.

 

C'est que le givre se dépose principalement sur des objets qui sont exposés au vent. En altitude, le vent violent augmente son accumulation comme on a pu le connaître chez nous en décembre 2007 même en plaine. L'épaisseur de ce dépôt peut atteindre une couche importante et ,en altitude, on a déjà pu relever  près d'un mètre  de cumul en 24 heures toujours dans la direction d'où souffle le vent.


 

Dans l'atmosphère loin de tout relief,  il se dépose aussi et surtout sur les parties des avions exposées au vent, notamment  sur les bords  des ailes et des hélices; ceci représente un réel danger car le givre déforme l'aérodynamisme des appareils et peut rendre le pilotage difficile, voire aléatoire. Le poids important de givre qui a pu se déposer sur les fuselage et les ailes est parfois suffisant pour déséquilibrer un appareil et rendre les atterrisages osés. Pour éviter ces risques que l'on trouve même en été aux altitude élevées auxquelles volent les jets de nos jours, les avions de ligne modernes sont équipés de systèmes automatiques de dégivrage. C'est entre 0 et -10° que l'on observe les givrages les plus importants, l'air plus froid étant en général beaucoup plus sec car il ne peut pas contenir beaucoup d'humidité à très basse température, c'est une loi de la physique.

 

Jean-Sébastien Beck


 
    4] Quelques réflexions à propos du printemps


Tout le monde sait que le printemps est la saison qui correspond au renouveau de la végétation après le « temps mort » de l’hiver.

Le printemps tombe généralement le 20 ou le 21 mars mais il peut débuter exceptionnellement le 19 mars, ce qui arriva en 1796 ;  autant vous prévenir tout de suite, ce sera également le cas en 2044, certains d’entre nous le vivront fort heureusement.

Le printemps est également considéré comme une saison astronomique comprise entre l’équinoxe de printemps et le solstice d’été. Dans l’hémisphère sud le printemps austral coïncide donc avec l'automne astronomique.

En ce qui nous concerne plus précisément, le printemps météorologique commence le 1er mars pour l’hémisphère nord aussi appelé hémisphère boréal. Et cela correspondant grosso modo à la période la plus froide de notre année, sachant que l’hiver météorologique débute le 1er décembre contrairement au calendrier civil.


 

Juste retour des choses et vous allez savoir pourquoi : le mot printemps qui apparaît vers le XIIe siècle sous la forme "Prinstans" dont l'origine étymologique est le latin primus-tempus qui signifie "premier temps", commence en toute logique à la fin de l’hiver. Ainsi, avant la réforme du calendrier,  l'année civile commençait bien au 1er mars (aux alentours de l'équinoxe de printemps) dans la tradition romaine ancienne avant le VIIIe siècle avant Jésus Christ !

Mais comme les choses simples ne donnent jamais satisfactions aux technocrates de toute époque et de tous poils, le principe du début de l’année qui correspondait si bien à la fin de l’hiver a été abandonné : au XVIème siècle on plaça même le printemps officiel au mois d’avril. Le début de l'année civile a été finalement fixé en France au 1er janvier par Charles IX en 1564  par l’ordonnance dite de Roussillon sans plus tenir compte des saisons. Mais le temps n’est plus ce qu’il a été, n’est-ce pas ?

 

Jean Beck


 
    5] Les giboulées


Les giboulées

  

Qui ne connaît pas les giboulées du mois de mars qui nous font passer en quelques instants du printemps à l'hiver ? Cette année le mois de mars nous a fait la surprise de nous fabriquer quelques beaux specimens ! C'est que les giboulées sont l'un des signes les plus évocateurs du changement de saison, à l'arrivée du printemps ! Mais ces phénomènes parfois spectaculaires peuvent encore se produire courant mai, même si cela reste exceptionnel !

 

Les giboulées sont en général de courtes averses qui naissent sous des rafales de vent avec un cortège de pluie, grêle, grésil, neige roulée ou neige fondante qui tombent la plupart du temps de manière modérée à forte, voire très forte ! Au cours de ces giboulées vous avez souvent relevé dans vos stations une chute importante de la températures, qui a un effet  parfois violent quand le vent accentue la sensation de froid. La plupart du temps les éclaircies réapparaissent rapidement derrière les giboulées et font remonter les températures de manière tout aussi spectaculaire, faisant fondre en un temps record les accumulations de neige ou de glace qui ont pu se déposer, parfois même en couche de quelques centimètres. La luminosité devient alors intense !

 

Ces giboulées, mais comment se forment-elles ? En fait elles proviennent de l'instabilité de l'atmosphère porvoquée par des différences de températures importantes entre les basses couches, qui se réchauffent déjà très vite au soleil dès le mois de mars, et les couches plus élevées où circulent encore des masses d'air glaciales. Plus l'écart des température est élevée, plus vite se forment d'imposants courants ascentionnels qui forment des nuages très instables, se gonflant comme des baudruches. L'humidité transportée vers les hauteurs se condense et le phénomène de congélation de la vapeur d'eau se produit dans l'air glacé.

 

Le phénomène des giboulées se produit souvent dans un ciel de traîne après le passage d'un front froid; l'air froid d'altitude qui s'engouffre derrière de l'air plus doux se trouve en contact avec les ascendances douces et humides provenant des basses couches réchauffées. Plus la traîne est active, plus les giboulées seront fréquentes et fortes. Ces giboulées se forment le plus souvent au cours de la journée, car l'action des rayons déjà chauds du soleil est un des facteurs d'accélération du phénomène; les après-midis sont souvent les plus agités et les giboulées perdent de leur puissance dès le déclin du soleil en soirée.

 

Bien entendu les giboulées ne peuvent se former que dans les nuages dus aux courants ascendants comme les cumulus congestus ou, en plus gros, les cumulonimbus, ceux qui donnent les orages de l'été. Le ciel a donc souvent un aspect déchiqueté avec de nombreux cumulus, plus ou moins volumineux, qui se déplacent à différents étages dans un ciel chaotique tout en changeant de forme et de couleur en fonction de leur épaisseur, de l'éclairage solaire ou du jeu d'ombre qui se dessine entre les nuages. Le ciel est de toute façon très changeant ! Les giboulées peuvent se produire tout à fait brutalement et ne sévir que de brefs moments avant le retour des rayons de soleil qui nous paraissent alors encore plus chauds et plus agréables après le raffraichissement ressenti sous les précipitations et les bourrasques qui accompagnent généralement les giboulées.

 

Quand les courants ascendants sont forts, parfois violents, le phénomène de congélation de l'eau s'accélère et permet la formation de véritables grains de glace, appelés grêle; les plus gros grains deviennent des grêlons (voir chapître sur ce phénomène). Quand la température baisse au sol jusqu'à avoisiner les 0°, la neige peut aussi remplacer la pluie, ce qui arrive souvent en montagne, et alors, on peut se retrouver en quelques instants dans une ambiance totalement hivernale.

 

Les giboulées sont donc des phénomènes de l'inter-saison qui se manifestent le plus généralement de mars à avril, mais épisodiquement elles peuvent être générées de février jusqu'à la fin mai. On note que la ville de Brest à la particularité d'être sujette aux giboulées durant tout l'hiver de par sa situation profondément enfoncée dans l'océan atlantique : ainsi, l'air froid du continent se retrouve en contact avec l'air océanique plus doux, ce qui crée également une forte instabilité pouvant donner des giboulées hivernales, par effet inverse. Ce sont les zones situées en bordure des mers et des océans qui sont de toute façon les plus exposées aux giboulées avec une fréquence plus importante pour le NO de la France. Aux abords des massifs montagneux ces phénomènes sont également plus fréquents car la montagne favorise les courants ascendants : le Massif Central est souvent en première ligne. En revanche, ce sont les régions du Bassin Méditerranéen qui sont les moins concernées.

 

Jean Beck