Association CLI.M.A. 57-67-68
Identification
 
Nouveau? Créer un compte !
mardi, le 10 FéVRIER 2009
Lettre d'informations n°19 - CLI.M.A. 57-67-68


Nouveautés et informations sur l’association CLI.M.A. 57-67-68,
météo, climato et photo en Alsace-Moselle.


    1] L’administratif


La prochaine réunion aura lieu le 7 mars à Gros Réderching.


 
    2] Le bilan du mois de janvier


Le temps du mois de janvier 2009 Un mois de janvier digne de ce nom, plutôt froid :

Un constat s’impose : après la deuxième offensive du froid de cet hiver  qui a débuté le 26 décembre 2008, le mois de janvier 2009 a commencé dans une ambiance bien hivernale avec des nuits souvent très froides. Après deux hivers doux vécus au rythme des perturbations venteuses et pluvieuses dans un flux zonal entrecoupé de périodes d’anticyclones mous, nous avons eu l’impression de vivre un « véritable » hiver, qui na pas ressemblé, cette fois-ci, à un hiver de type breton ; grâce aux conditions anticycloniques qui ont protégé nos régions des assauts des dépressions atlantiques nous n’avons  connu que quelques brèves incursions pluvieuses et venteuses; les perturbations  ont été la plupart du temps repoussées sur l’Atlantique Nord. Nous avons également connu des températures basses, jusque vers -16°C localement, mais très peu de neige même si les faibles couches qui ont tenu au sol se sont maintenues assez longtemps. La pluviométrie a été à peu près conforme aux normes de saison grâce à deux bonnes périodes qui ont su chatouiller sérieusement nos pluviomètres longtemps figés dans la neige ou le givre.  


 
Le déroulement : 

Le 1er janvier : cette journée de lendemain de fête a été marquée par les résidus verglacés de la St Sylvestre et par de petites passages pluvieux sans lendemain car l’anticyclone « Robinson » commence a veiller au grain, façon de parler, bien sûr !

 

du 2 au 13 janvier le temps  est hivernal avec un renforcement du froid. « Robinson » assèche peu à peu l’air sous un vent de NE à Est ; un passage faiblement neigeux ne nous surprend guère les 5 et 6 janvier ; il nous laisse quelques cm de neige au sol. Puis le froid s’intensifie encore et il n’y a pas de dégel en journée dans maints endroits du 4 au 12 janvier. Les températures nocturnes commencent  sérieusement à baisser pour atteindre localement -15 à -16°C. Dès le 9, le vent s’oriente progressivement au SE et l’anticyclone « Beeke » se retire peu à peu vers la Russie.

 

du 14 et jusqu’au 16 janvier le vent tourne au SO et nous amène son lot de pluie et de neige avec les phénomènes habituels de verglas le 14, suivi par une accalmie offerte par une dorsale anticyclonique assez rapide ; c’est le règne des brouillards souvent givrants le matin et en soirée. Le vent souffle de nouveau du SE.


 

A partir du 17  et jusqu’au 20 janvier, une perturbation liée à une dépression centrée sur l’Ecosse est en approche et vient nous télescoper le 18 au cours d’une tempête qui s’acharne sur la région avec de la pluie, de la grêle et même de la neige avec des vents forts. L’ambiance reste venteuse et douce en journée les jours suivants et le vent de SO passe lentement au NO en fin de période.

 

du 21 au 22 janvier un temps pluvio neigeux prend le relais  : il est suivi par une nouvelle accalmie temporaire, le temps reste mitigé car la région est coincée entre les dépressions nord-atlantiques et une autre en Méditerranée.

 

du 23 au 25 janvier : une 2e tempête avec des vents très forts, jusque vers 90 km/h, nous atteint le 23 janvier et nous apporte également beaucoup de pluie ; la chute de la pression atmosphérique est brutale. Le front froid qui nous concerne est très actif. Le retour au calme se fait les jours suivants mais la pression reste anormalement basse.

 

Du 26 au 31 janvier : un froid modéré prend le relais ; les conditions deviennent peu à peu anticycloniques mais de nouveau plus hivernales, surtout en l’absence de soleil ; il fait de plus en plus froid la nuit et en matinée dans un flux de NE avec des températures proches des normes de saison ; les journées sont en général assez ensoleillées.


 

Conclusions :

Pour résumer, janvier 2009 contraste avec les hivers doux que nous avons connus en 2007 et 2008 ; d’environ 2 à 3°C sous les moyennes de saison selon les stations, on peut considérer janvier 2009 comme un mois d’hiver froid (en 2007 on était à environ 5°C au-dessus des normes) que l’on pourrait comparer avec janvier 2006 qui a été, il est vrai, particulièrement froid, mais moins dynamique. Janvier 2009 a,  par contre, connu des pressions très basses avec le record avoisinant les 970 hPa……pendant la tempête du 23 janvier…. Le nombre de jours de gel a été élevé, par endroit jusqu’à 30/31 jours et les journées sans dégel ont souvent dépassé la dizaine (dans les premiers 15 jours) dans de nombreuses stations. Les quantités de pluie tombées l’ont  été de manière très irrégulière, des périodes assez sèches étant interrompues par des pluies abondantes très limitées dans le temps et tombant le plus souvent sur un sol gelé en profondeur.

 

Jean Sébastien Beck


 
    3] Les photos du mois


De très belles photos pour ce mois de Janvier et sa vague de froid qui n'en a pas découragé un au vu des photos postées.

Une observation tout de même, nous constatons pour la premiére fois que notre ami Arnaud ou pour certains mieux connu sous Mr le Baron, figure avec deux photos lors de ce vote.

Tous nos encouragements donc, c'est tellement plus joli sans les câbles et lampadaires (lol).

Pour le jury, Jean-Luc


 

Chapelle de Maennolsheim le 08.01.09 à 13h30 par Beck Jean.jpg

 


 
Couché de soleil à Plobsheim (lieu dit le Rhinland) le 08 01.09 à 16h40 par Sarther René.jpg

 
Le feu dans le ciel à Niedersoutzbach sur la route de Bouxwiller le 13.01.09 à 08h30 par Beck Jean.jpg

 
Le Giesen près d'Ebersheim le 09.01.09 à 16h10 par Schutz Arnaud.jpg

 
Strasbourg la petite France sous la neige le 05.01.09 à 12h00 par Schutz Arnaud.jpg

 
Vol de Cygnes au plan d'eau à Plobsheim (lieu dit le Rhinland) le 17.01.09 à 11h00 par Sarther René.jpg

 
    4] Le bilan climatique de Sélestat et de Kintzheim


La station de Sélestat (67) – Bilan climatique 2008

Dans un premier temps ; nous n’avons pas eu de pluie pendant 22 jours, (du 08/09/08 au 30/09/08).

Dont 3 jours de pluie qui sont supérieure à 20,00 lm2 .A la fin de l’année, nous avons eu un total de  536 L/m2.

La station à enregistrer un température minimum de -7.7°c et la température maximum était de 34.7°c. Soit 12 jours de caniculaires.

Pour le vent, la station à enregistrer sa plus forte rafale le 01/03/2008 à 85.3 km/h. Nous sommes pas beaucoup exposé au vent car le maximum, de « distribution du vent » est égal 1 bft soit de 1 à 5 km/h.

La direction du vent est souvent orienté vers Ouest.

Arnaud

Station météo de Kintzheim (67) - Bilan climatique 2006 à 2008

La station météo Lacrosse Technology WS 3600 mise en service le 03/12/2005 a permis de stocker  à fin 2008 plus de  105 000 séries de données (température, pluviométrie,  pression atmosphérique…).

Ces données, enregistrées en continue toutes les 15 mn, permettent à présent d’établir le bilan climatique de la station sur les 3 dernières années.

L’année 2008 a été plus fraiche que les 2 années précédentes. Les précipitations ont été aussi nombreuses mais moins abondantes.

Pour plus de détail : http://sites.estvideo.net/meteo-kintzheim/bilan20062008.pdf

Xavier


 
    5] La Climatologie de 1871 à 1879


Le temps de 1871 à 1879

 

de 1871 à 1875 : des hivers et des printemps secs

A la suite de la vague de froid de décembre 1870 qui a transformé les opérations militaires en véritable calvaire, l'hiver 1871 continue sur la lancée avec des températures encore très basses en janvier : on relève encore -16°C en Alsace. Les températures sont de 4°C sous les normes en janvier mais le mois de février est plus agréable. Le temps reste par ailleurs sec de janvier à mars.

Par contre, avril est très pluvieux et la fin du printemps est fraîche de mai à juin. L'été est au rendez-vous sans excès et l'automne ne dénote qu'à partir de novembre. En effet, durant ce mois, le froid commence à sévir dans une ambiance plutôt sèche comme c'est également le cas en décembre : le temps devient vite glacial avec des températures très basses puisqu'il fait déjà -21°C le 9 décembre. Les températures sont de 6°C sous les normes pour le dernier mois de l'année.

En 1872 l'hiver est assez sec de janvier à mars avec une certaine douceur qui se maintient le premier mois de l'année. Le printemps est fort respectable avec toutefois un mois de mai très pluvieux où tombent 2,5 fois les quantités de pluie habituelles. Mais c'est au mois de juin que tout se complique avec une terrible crue du Rhin qui fait beaucoup de dégâts dans les zones inondées dans la plaine d'Alsace.

Heureusement que, de juillet à septembre, il ne tombe pas de grandes quantités de pluie; début août, il fait même très chaud avec une canicule qui dure une semaine. Octobre et novembre sont de nouveau bien arrosés. De plus, il règne la douceur de novembre à décembre, ces deux mois sont de 2° au-dessus des normes.

L'hiver 1873 reste très doux et sec avec très peu de neige, il est même très sec en janvier. Le manque de glace sur les étangs qui servent à fournir les glacières des brasseries strasbourgeoises qui n'ont que cette ressource pour stocker la bière durant la saison chaude, oblige les brasseurs à importer de la glace de Suède et d'Allemagne du Nord par le chemin de fer.

Une certaine fraîcheur se maintient de mars à avril qui sont de 3°C sous les normes; il pleut beaucoup pendant cette période. La fin du printemps est chaude et bien plus sèche que d'habitude; les chaleurs sont même fortes en avril où l'on a relevé +28°C. L'été se passe sans excès puis le mois de septembre se montre assez frais. La fin de l'année devient froide sans brusques écarts de températures de novembre à décembre, deux mois qui restent assez secs.

En 1874 l'hiver est de nouveau sec de janvier jusqu'au mois de mai, presque sans pluie en février où il fait relativement froid de même qu'en mars, mais sans excès. La fraîcheur perdure en mai. Après un début d'été agréable notamment au mois de juillet qui est chaud, le temps devient pluvieux et même très frais en août. Début septembre il fait de nouveau chaud. Les récoltes fourragères sont mauvaises à cause du temps trop sec en hiver et au printemps et on doit importer de la nourriture pour le bétail.

On reprend également les travaux d'endiguement du Rhin à cause du risque d'inondations lors des crues du fleuve. Septembre et octobre sont très peu arrosés et le mois de novembre devient rapidement hivernal, il est de 4°C sous les moyennes. Dès le 25 novembre une vague de froid pointe le bout de son nez et va régner sur la région jusqu'en janvier 1875. Décembre reçoit de bonnes précipitations, deux fois la norme, sous forme de neige mais aussi de pluie lors de brefs redoux.

L'hiver 1875 est froid jusqu'au 17 janvier; le gibier qui a subi les rigueurs de l'hiver depuis fin novembre, est décimé ; des loups, qu'on croyait disparus de notre région, rôdent autour de villages du sud du Haut-Rhin, comme à Dannemarie. Le temps se radoucit rapidement fin janvier et devient même très doux et pluvieux. Février est de nouveau froid; un temps sec prend le relais de février à juin; en février il n'y a d'ailleurs pratiquement pas de précipitations.

Le mois de mars reste hivernal puis le printemps s'installe normalement. L'été est chaud, il commence même très tôt avec de bonnes chaleurs en mai et en juin; le contraste vient début août qui devient très frais avant le retour de fortes chaleurs à partir du 17 août. L'été est bien arrosé de juin à août puis septembre se montre assez sec.

Après un automne agréable, il fait de nouveau très froid à partir du 30 novembre; l'ensemble du mois est bien plus arrosé que d'habitude et accuse un déficit des températures de 2°C; décembre suit le même chemin ! On note également une baisse de l'activité solaire qui va se prolonger jusque vers 1915.

de 1876 à 1879 : des années humides

En 1876 l'hiver est rude en janvier et en février; une période de froid sec sévit du 4 au 18 janvier avec -11°C en plaine le 11 du mois. Une nouvelle période froide débute le 24 janvier et va durer jusqu'au 14 février avec -14° les 12 et 13 février. Janvier est de 4° sous les normes. Le temps est assez humide avec beaucoup de neige et de pluie surtout fin février et tout au long du mois de mars. Le 3e mois de l'année est très agité avec une tempête le 12 mars alors que les thermomètres indiquent +10°C en plaine. A cause des pluies continuelles, des inondations ont lieu dès le 25 mars.

Il fait chaud à partir du 1er avril et cela va durer jusqu'au 11 du mois, les températures plafonnant toutefois à +20°C. Des gelées tardives prennent le relais le 14 avril et il tombe même de la neige localement jusqu'en plaine. Dans l'ensemble, avril et mai restent assez secs bien que le mois de Marie reste frais.

Il commence à faire très chaud fin juin et l'été va continuer sur cette lancée en juillet et en août également très secs. Dès le 9 août , c'est même la canicule, car il fait 30°C du 9 au 12, 31°C le 13 et jusqu'à 33°C le 14 août. La sècheresse s'aggrave : les récoltes sont mauvaises et il y a peu de plantes fourragères qu'il faut de nouveau importer pour alimenter le bétail.

L'automne reste doux et assez pluvieux en septembre. Novembre est plus frais : du 9 au 12 novembre il fait même subitement froid avec des températures descendant jusqu'à -8°C en plaine. Mais, le 13 novembre, le temps se remet à la douceur avec une tempête qui arrache quelques arbres dans la région. Cette douceur va persister, avec même des records du 2 au 8 décembre car il fait +15°C en plaine les 2 et 3 du mois. Décembre est de 3°C au-dessus des normes et l'hiver restera doux.

En 1877 l'hiver est marqué par la douceur: il fait entre +16°C et +17°C le 1er janvier et même +17,5°C en plaine le 9 janvier. Une très courte incursion du froid et de la neige a lieu le 17, puis de nouveau le 22 janvier, mais rien de plus. Février reste très doux avec +14°C le 16 février. Un petit coup de froid intervient du 28 février au 3 mars avec tout de même entre -10°C et -11°C le 2 mars en plaine, le record de cet hiver ! Janvier et février ont des températures moyennes de 2°C supérieures à la norme.

Mars est assez froid. Une nouvelle offensive froide a lieu du 8 au 12 mars avec -11°C le 11 mars; puis la pluie succède à la neige; dans la journée du 20 mars il tombe en moyenne 25 mm de pluie en plaine.

La caractéristique de cet hiver reste donc la forte pluviosité qui va durer jusqu'en avril. Il fait doux en avril avec +18°C le 3, +20°C le 8 et même +21°C le 10 avril.

Si juin se montre plutôt chaud, ce n'est pas le cas de l'été qui va rester mitigé et sans excès : juillet est particulièrement pluvieux. La seule et brusque pointe de forte chaleur a lieu du 30 juin au 1er juillet : il fait entre 31°C et 32°C.

Septembre est bien plus sec mais aussi plus frais. Il fait encore chaud en octobre avec +20°C le 23 octobre mais sur l'ensemble de ces deux mois les températures sont inférieures de 2°C par rapport aux normes de saison. Le mois de décembre est très humide avec le double des quantités de pluie habituelles.

En 1878 l'hiver reste dans les normes avec deux périodes de froid: l'une du 9 au 14 janvier avec -11°C le 11 et -14°C le 12 janvier, suivie par un redoux le 15; l'autre, une petite vague de froid, s'installe du 20 janvier au 13 février mais sans grands excès; une neige de redoux blanchit les sols le 20 février puis il regèle rapidement jusqu'au 13. Si janvier est humide, février reste sec.

Mars est très frais, par moment hivernal et bien arrosé comme tout le printemps et même l'été. Le 24 mai un violent orage se transforme en ouragan et s'abat sur les villages de Gambsheim et Offendorf où des toits sont arrachés sous la violence des bourrasques alors que la température n'est que de 21°C. En juin, c'est la catastrophe : les pluies abondantes depuis mars finissent par provoquer une forte crue du Rhin; 11 digues se rompent et les dégâts sont considérables; le pont sur le Rhin à Huningue est carrément emporté par la fureur des flots. Beaucoup de villages sont sous les eaux : il y a 1,5 m d'eau dans les rues de Friesenheim, Boofszheim, Daubensand, Obenheim et Gerstheim mais aussi à Huningue, Neuf-Brisach et Rhinau.

L'été va rester marqué par la fraîcheur et par une forte pluviosité, il fait même très frais en juillet. Heureusement, septembre est assez sec, ce qui permet d'assécher un peu la région. Novembre et décembre sont de 2°C sous les normes. Le 4 décembre une tempête de neige concerne la région puis le froid s'installe du 7 au 27 décembre; il fait -12° le 11 décembre, et on va atteindre localement -24°C en plaine, -29°C en Lorraine à Toul et même -35°C dans les Vosges. En moyenne il fait -15°C le matin durant cette période à partir du 15 décembre. Le redoux intervient le 28 décembre et il fait entre +12°C et +13°C les deux derniers jours de l'année. Décembre connaît des précipitations généreuses.

En 1879 le début de l'hiver est froid et neigeux à partir du 6 janvier; il fait -10°C le 9 et le froid se maintient jusqu'au 24 janvier, sans excès. Février est doux par moments et très pluvieux; il fait +14°C les 9 et 10 février. Un temps plus froid prend le relais du 23 février au 1er mars avec beaucoup de neige. Un temps très frais règnera jusqu'à fin mai avec quelques pics de douceur isolés comme le 1er avril où l'on a relevé entre +20 et +21°C en plaine. Si mars est resté sec, le mois d'avril est assez bien arrosé.

Le temps pluvieux persiste de juin à septembre ; juillet est également très frais de 3°C sous les normes: c'est un été vraiment pourri avec une période de 16 jours consécutifs de pluie ; le 21 juillet a même lieu une tempête de type automnal avec des maximales ne dépassant pas +17°C. On ne retrouve un temps plus sec qu'en octobre mais le temps est déjà bien frais dès novembre, de nouveau bien pluvieux. S'ajoute à cela l'arrivée précoce du froid à partir du 16 novembre, ce qui marque l'entrée en piste d'un hiver mémorable ! Le 28 novembre il fait déjà entre -9°C et -10°C en plaine et les températures vont dégringoler en décembre: -14°C le 3 décembre, -19°C le 8, -20°C le 9 et jusqu'à -25°C à Strasbourg le 10 décembre avec une couche de neige qui s'épaissit.

Le 15 décembre il fait autour de -15°C en plaine et de nouveau -20°C les deux jours suivants. Les -18°C et -19°C sont encore souvent atteints notamment pour la veille de Noël qui connaît un froid sibérien. Le redoux n'intervient que le 29 décembre en cours de journée. Décembre reste tout de même assez sec. Alors que novembre est de 3°C sous les normes, le mois de décembre a atteint un record car il est de 11°C à 12°C inférieur aux moyennes habituelles.

Jean-Sébastien Beck


 
    6] La neige, vous connaissez ?


Comme tout le monde, je connais bien la neige mais omment se forment donc les flocons dans les nuages ?

 

La neige peut naître au sein des masses nuageuses ( mais ce n'est pas un automatisme, dites-le vous bien ) quand les températures sont négatives, condition sine qua non.

Mais comme tout le monde sait que les gouttelettes d'eau qui constituent le nuage peuvent rester à l'état liquide même par températures très négatives, il faut bien un déclencheur pour provoquer la formation de ces petites plumes blanches que nous aimons tellement voir tomber..... depuis notre enfance.

Pour passer de l'état liquide à l'état solide, il faut qu'il fasse tout de même assez froid

(environ -10°C, dit-on) et qu'il y ait dans l'atmosphère des particules solides qu'on appelle noyaux de congélation ( principalement des poussières) autour desquels les gouttelettes d'eau vont pouvoir se cristalliser ; c'est le même phénomène qui fait cristalliser les fines gouttelettes sur des objets gelés, ce que nous appelons le givre. Cest tout bête mais c'est ainsi que se produit la naissance de petites particules de glace  à partir desquelles vont se développer, en s'agglutinant,  les flocons de neige que nous verrons tomber.

  

Mais comment grandissent les cristaux de neige pour former parfois de gros flocons ?

 

Dans le nuage, constitué de gouttelettes d'eau, faut-il le rappeler ( faites un peu attention, svp !), se sont formés des cristaux de glace; coexistent donc les deux états de l'eau, solide et liquide, ce qui ne va pas sans poser de problème car il va se produire des réactions, vous l'imaginez bien. Les gouttelettes d'eau vont peu à peu se transformer en de nouveaux cristaux ou alors s'évaporer,  tout ceci au profit des cristaux de glace qui finissent par grossir, se multiplier et devenit majoritaires. Quand leur poids devient suffisamment important pour s'opposer aux mouvements ( souvent ) ascendants de l'air dans le nuage, ils tombent dans le « vide », comme de minuscules  parachutes, en virevoltant jusqu'au sol, enfin en principe ! Car tout dépend de leur consistance. La vitesse de  cette chute est d'abord très faible, de l'ordre de 1 à 2 mm/seconde, puis la chute s'accélère progressivement  pour atteindre 20 à 30 cm/seconde en moyenne au moment de toucher le sol; mais tout cela dépend toujours de la taille du flocon, de sa consistance (poudreuse, mouillée, granulée....). En sachant aussi que des flocons mouillées ont tendance à se coller les uns aux autres, à s'alourdir et à tomber beaucoup plus vite encore !


 

Mais il peut neiger en altitude et pleuvoir en plaine ?

 

Bien sûr, car la chute de neige n'est pas encore assurée de toucher le sol. La survie des cristaux de glace va dépendre de la température de l'air qu'ils vont traverser au fur et à mesure de la chute. Si la température reste négative jusqu'en-bas, alors arriveront au sol de  beaux flocons formés de cristaux plus ou moins gros, plus ou moins agglutinés, plus ou moins agités et transportés par le vent. Mais si la température devient  positive dans les quelques centaines de mètres à l'approche du sol, ils finissent par fondre (ou commencer à fondre) et transforment la chute de neige en une simple pluie, parfois encore mêlée aux flocons plus gros qui n'ont eu le temps de disparaître. Il est important de connaître  l'altitude de l'isotherme 0° pour être sûr de l'apparition de la neige à l'endroit où on l'attend. Selon l'importance de la chute de neige, de la vitesse du vent, de l'épaisseur de la couche d'air à température positive traversée et de la température du nuage d'origine, il arrive que la neige tombe avec des températures au sol largement positives, surtout au printemps au cours des giboulées !

 

Quelles formes ont les flocons ?

 

Observez de près la neige qui tombe et vous vous rendrez vite compte que les cristaux qui la composent présentent une myriade de formes et de tailles.  Trouver deux cristaux de neige parfaitement semblables est quasiment impossible même lors de la même chute de neige, donc  dans des conditions absolument identiques, c'est presque chercher une aiguille dans une botte de foin, avec le désavantage d'avoir affaire à une matière (le flocon) très instable (contrairement à l'aiguille qui reste solide à toutes températures). La forme des cristaux de neige fraîche dépend d'abord de la température au sein du nuage où ils se sont formés. En fonction de ce critère, les cristaux de neige vont prendre leurs formes : allongées (aiguilles, colonnes), plates (plaquettes),  et pour le cas le plus fréquent, une composition en forme  d'étoile que nous connaissons tous si bien depuis notre enfance. Pour obtenir nos plus beaux flocons « étoilés » la température  doit approcher les -15°C dans le nuage.

 

Mais les flocons ont souvent des formes plus compliquées !

 

Bien sûr, beaucoup d'autres formes sont possibles et on ne peut les citer tous dans ce petit article.

Mais je ferai une exception pour un type de flocon qui se fait souvent remarquer: c'est le cas des cristaux de neige roulée appelés aussi grésil « mou » ; on peut les reconnaître facilement à leur taille parfois imposante (jusqu'à 5/6 mm de diamètre) et surtout à leur aspect sphérique de «  billes blanches » . Ces cristaux tombent très souvent durant les averses sous les nuages qui ont un  fort développement vertical (cumulus ou cumulo-nimbus).

Ces cristaux sur lesquels d'autres chutes de neige vont rajouter des couches supplémentaires, sont souvent responsables , à cause de leur forme et  de leur résistance à la compression (elles ne se laissent pas écraser et n'évoluent que lentement contrairement aux autres formes de flocons),  de servir de piste de glisse aux avalanches en haute montagne.

Jean-Sébastien Beck