Association CLI.M.A. 57-67-68
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jeudi, le 11 DéCEMBRE 2008
Lettre d'informations n°17 - CLI.M.A. 57-67-68


Nouveautés et informations sur l’association CLI.M.A. 57-67-68,
météo, climato et photo en Alsace-Moselle.


    1] La vie de notre site : www.clima.fr


6 nouveaux dossiers ont été ajoutés ce 29 novembre dans la rubrique "dossiers", ils concernent la CLIMATOLOGIE de la Moselle et de l'Alsace jusqu'à la Révolution Française, de quoi vous replonger dans le passé météorologique de notre région.
alors nous souhaitons BONNE LECTURE à tous nos passionnés de météo et d'histoire !
(ces données anciennes collectées depuis plus de 30 ans sont tirées d'un ouvrage à paraître : L'évolution du climat en Moselle-Alsace).

Un nouveau forum a vu le jour avec un look plus branché et des options supplémentaires. 

 


 
    2] Le bilan du mois de novembre


Bilan du mois de Novembre 2008 :

Introduction :

Pendant une bonne VINGTAINE de jours le temps est resté assez doux en novembre, de 2 à 3°C au-dessus des normes dans l’ensemble ; mais c’était loin de ressembler à un été indien prolongé à cause de l’afflux d’air souvent humide accompagné d’une nébulosité parfois importante.

Question températures, elles ont été sensiblement supérieures en début de mois, et ceci même au niveau des moyennes, à celles de l’an dernier qui avait été assez frais ; novembre 2008 est en gros plus de 1 degrés sous les moyennes habituelles  qui se situent autour de 6°C à Strasbourg, donc pas loin de la normalité ! Rien à voir avec la douceur de novembre 2006 ! Il faut noter par contre qu’en 2008 les maximales ont été en moyenne plus hautes que l’année précédente. Des gelées ont déjà pu être relevées surtout sur le nord de la région et en Moselle en milieu de mois dans les fonds de vallées.

Le brouillard a également fait de fréquentes apparitions en fin de nuit et en matinée, surtout sur le nord de la région dans cette première période. L’ensoleillement par moment généreux a été limité par d’importantes masses nuageuses transitant par la région.

La 2e période qui s’étale sur le dernier bon tiers du mois devient subitement très hivernale avec des moyennes de 2 à 4°C sous les normes de saison, voire encore moins en montagne comme à Labaroche. Ceci est dû à une bonne coulée froide d’air arctique qui s’installe finalement assez durablement dans la région, avec pluie, neige, grésil et verglas, au grand plaisir des nivophiles, ceci à l’occasion d’un grand champ dépressionnaire froid qui stagne sur l’Europe de l’Ouest et Centrale. Le froid s’installe donc pour la dernière décade avec un maximum de 14 jours de gel relevés.

Pour la pluviométrie, les cumuls ont été très inégaux en fonction des périodes : en début de mois les précipitations sont plutôt modestes et inférieures aux normes, puis les passages pluvieux et neigeux de la période hivernale de la fin du mois, plus intenses sur le nord de la région qu’au sud, équilibrent la pluviométrie qui est tout de même supérieure à la normale. A comparer avec novembre 2007 doux et pluvieux, les cumuls sont tout de même inférieurs d’environ 25 à 30%.


 

Déroulement :

Du 1er au 8 novembre : temps doux avec grisaille, brouillards et pluies faibles

Le 1er novembre une ondulation qui s’étire de l’Espagne jusqu’à la Russie passe au-dessus de nos régions créant une situation d’équilibre qui permet l’installation d’un temps calme avec localement beaucoup de brouillards et une forte nébulosité surtout entre le 1er et le 3 novembre. De l’air doux et instable venant du Sud –SE apporte son lot de pluies entre les 4 et 5 novembre puis le marais barométrique nous laisse patauger dans un air humide apporté par des fronts occlus atténués et se rafraîchissant peu à peu jusqu’au 8. Mais dès le 8 novembre un flux océanique atteint la région sous l’effet de la dépression « Channel ».

Du 9 au 11 novembre : temps perturbé et doux

Les pluies restent dans l’ensemble assez faibles mais elles sont continues le 9 novembre, la douceur se renforce le 10 et un front froid actif nous concerne le 11 avec du vent devenant fort.


 

Du 12 au 15 novembre : temps calme anticyclonique

Grâce à l’anticyclone Hagen un temps calme avec des pressions élevées prend le relais quelques jours sur notre région alors qu’un rail dépressionnaire s’établit sur l’Europe du Nord en glissant sur nos hautes pressions. Les gelées matinales font leur apparition mais le temps devient plus humide au nord de la région avec une forte nébulosité drainée par les perturbations circulant sur le Bénélux et l’Allemagne du Nord. Les bruines finissent par tomber à partir du 15 novembre.

Du 16 au 19 novembre : faible perturbation et rafraîchissement

Une perturbation atténuée et faiblement pluvieuse nous concerne dès le 16 novembre avec encore un peu de douceur; puis le temps redevient plus sec mais aussi rafraîchi avec le flux tournant progressivement au Nord /NO.


 

Du 20 au 30 novembre : sous l’influence d’une coulée d’air polaire

Le changement de temps radical se prépare le 20 novembre avec une dépression centrée sur la Scandinavie qui aspire de l’air arctique sur le flanc Est de l’anticyclone faisant barrage sur l’Atlantique. Le 21 novembre le front chaud provoque de fortes pluies qui se transforment rapidement en neiges le lendemain en concernant davantage le nord de la région qui revêt son manteau blanc à très basse altitude et même jusqu’en plaine. Les gelées matinales se généralisent du 22 au 30 novembre, davantage sur sol enneigé qui résiste localement plus de 8 jours car les neiges, en général faibles parfois mêlées de pluie se poursuivent jusqu’au 26 novembre avec le passage de la dépression « Jenny » le 24 novembre qui réalimente les précipitations sous forme de neige à très basse altitude. Les brouillards s’installent de nouveau dans une ambiance hivernale du 27 jusqu’au 30 novembre avec des nouvelles petites neige, verglas et pluies froides les deux derniers jours du mois.

Conclusion :

Le mois de novembre 2008 restera pour la plupart d’entre nous dans l’esprit d’un début d’hiver précoce, les premières neiges donnant déjà le ton de la saison d’hiver qui s’approche, un peu dans le style de l’hiver 2005/2006 qui fut très froid en démarrant à la même époque à 2 jours près. Avec quelques semaines d’avance, cette arrivée en force de l’air froid nous fera vite oublier un début de mois plutôt doux avec la généralisation des brouillards matinaux et l’arrivée tardive des premières gelées juste avant le coup de froid.

 

Jean BECK


 
    3] Photos du mois


Les plus belles photos du mois de novembre retenues par notre jury composé de Jules Beck, Yves Drouin et Jean-Luc Feltmann.

 


 

Ballon d'alsace Mer de Stratus le 04.11.2008 à 16h30 par Lyo


 

La maison du Père-Noël Wimmenau Parc Vosges du Nord le 23.11.2008 à 20h10 par Beck Jean


 

Saverne Château du Haut-Barr le 12.11.2008 à 15h00 par Beck Jean


 

Wimmenau Parc Vosges du Nord le 22.11.2008 à 12h20 par Beck Jean


 

Wimmenau Parc Vosges du Nord le 22.11.2008 à 12h30 par Beck Jean

 


 
Wimmenau Parc Vosges du Nord le 22.11.2008 à 08h10 par Beck Jean

 
    4] Le volcanisme et le climat


Le volcanisme et le climat

 

Les éruptions des volcans ont souvent provoqués des périodes froides sur notre bonne vieille Terre, comme ce fut le cas en 1815 où un hiver glacial suivi d’un été frais fut le résultat d’une activité volcanique phénoménale : les moissons et les récoltes, sans parler même des vendanges, furent médiocres et insuffisantes pour nourrie la population de notre région.

Même dans le cadre d’une période froide, très improprement appelées « petite ère glaciaire » à cause de l’avancées des glaciers alpins, il fit encore plus particulièrement froid en 1783. Une fine couche de « brouillard » persista une grande partie de l’été de cette année au-dessus de l’Amérique du Nord et de l’Eurasie, voilant ainsi l’astre du jour d’une manière durable ; le temps se refroidit vite et les chutes de neiges furent également précoces cette année-là.

1783 est une année clef car, pour la première fois dans l’histoire de la météorologie, on comprit ce phénomène exceptionnel grâce à Benjamin Franklin, plus connu pour l’invention du paratonnerre. Ce savant fit la relation entre ce que les gens prenaient pour un fin brouillard alors qu’il s’agissait des fumées et poussières provenant de l’éruption du volcan Hekla en Islande ; ce voile de poussières d’origine volcanique fut transporté et étalé par les vents tout autour du monde en empêchant les rayons de soleil de percer et de réchauffer normalement la planète. Près de 200 ans plus tard on comprit également que le soufre présents dans les rejets des volcans était le principal responsable de ce refroidissement : en effet ce fin nuage sulfureux et corrosif d’oxyde de soufre est capable de se maintenir assez longtemps dans l’atmosphère, d’absorber et de réfléchir une partie importante du rayonnement solaire.

La fin du XVIIIe et le XIXe siècle furent marqués par des activités volcaniques turbulentes. Après l’Islande en 1783, ce fut l’éruption des Açores en 1811, celle du volcan indonésien, le Tambora, en 1815, de l’île Graham en 1831, celle du Nicaragua en 1835, encore une fois en Islande en 1875, le Krakatoa en 1883 et celle du Japon en 1888.

Une étude faite au niveau mondial sur l’évolution des données météorologiques montre bien des changements de températures après chaque éruption. Prenons l’exemple du volcan Tambora : en avril 1815, lorsqu’il explosa en Indonésie, ce fut l’une des plus grande explosion des 10.000 dernières années semblerait-il, avec des rejets de plus de 100 km3 de cendres projetés dans l’atmosphère ( à comparer avec les 10 km3 du Krakatoa en 1883 et l’unique petit km3 de l’explosion du St Hélène en 1980) . Il y eu une telle couche de cendres dans le ciel que les températures chutèrent démesurément car même la Tamise finit par geler à Londres l’hiver qui suivit. La température moyenne ne tomba pourtant que d’environ 1°C mais l’année suivante en 1816, il n’ y eut pas d’été du tout avec les températures les plus basses enregistrées pour un mois de juin. Selon les rumeurs, il y eut les pires vendanges connues depuis le XVe siècle cette année-là, les récoltes furent catastrophiques et la famine menaça particulièrement la France, la Suisse et l’Allemagne.

L’éruption des Açores en 1811 provoqua l’hiver glacial de1812 et le  « général Hiver » fut l’un des facteurs de la défaite des armées napoléoniennes en Russie : en effet, Napoléon atteint Moscou le 14 septembre 1812, les Russes brûlèrent en grande partie la capitale pour démunir les Français et le 19 octobre débuta la trop tristement célèbre retraite de Russie dans un climat hivernal particulièrement rude auquel nos soldats n’étaient pas du tout préparés. Après le 7 novembre le froid devint extrême, il fit -15°C le 9, -26°C le 17 et -37°C le 3 décembre, c’est dire ! Les 388.000 hommes que commandait Napoléon furent décimés par le froid, le manque de ravitaillement, les épidémies, les désertions et beaucoup moins par la mort au combat.

La plus apocalyptique des éruptions volcaniques du XIXe siècle fut celui du Krakatoa le 27 août 1883 ; c’est une île située entre Java et Sumatra en Indonésie. L’explosion fut d’une telle violence que le bruit qui retentit fut le plus fort jamais connu sur la planète car on put l’entendre à des centaines de kilomètres. Poussières et fumées furent projetées directement dans la stratosphère où elles continuèrent de faire le tour de la Terre pendant des années ; un nouveau voile cerna notre ciel et notre soleil pâlit, donnant des teintes presque surréelles au couchant avec des teintes d’un rouge carmin profond.

Plus proche de notre époque, lorsque l’El Chico se mit à cracher les entrailles de la Terre au Mexique en 1982, ce phénomène se reproduisit et un nouveau voile entoura notre planète pendant près d’un mois et les températures baissèrent sur tous les continents : rappelez-vous l’hiver froid et neigeux que nous avons connu en 1981/1982. L’éruption du Pinatubo dans les Philippines en juin 1991 fournit un apport de 15 millions de tonnes de soufre qui maintint dans l’atmosphère un nuage d’oxyde de soufre réduisant le rayonnement solaire et faisant baisser les températures moyennes de 0,5°C.

Mais toutes ces dernières éruptions ne représentent que peu de bouleversements si on les compare à celle du Toba à Sumatra ; ce volcan explosa littéralement il y a 73.500 ans et les géologues pensent que ce fut l’éruption la plus gigantesque depuis un million d’années. Cette éruption correspond à un grand changement climatique marqué par un refroidissement spectaculaire de la planète. La couche de poussière et de soufre autour de la Terre fut si importante qu’elle provoqua la dernière ère glaciaire. Les tempêtes de neige furent si fortes et durables sur l’hémisphère nord qu’une couche de neige permanente recouvrit une bonne partie des terres les plus septentrionales ; la Scandinavie, l’Ecosse, le Canada furent pris dans les neiges éternelles ; ce manteau neigeux fit office de réflecteur et les rayons de soleil, même en été, ne purent réchauffer correctement notre atmosphère. Toute la planète subit un climat froid et assez sec durant des milliers d’année, les glaciers réapparurent même dans les Vosges et dans le Jura …… à la grande joie des mammouths qui hantaient alors la plaine d’Alsace, sorte de steppe balayée par les vents. Le niveau des mers baissa et l’on pouvait sans crainte se rendre à pied sec en Angleterre ! Tout cela après l’éruption du Toba !

Alors à quand la prochaine éruption ? Ne pourrait-elle pas être un remède à notre réchauffement climatique ?

Par Jean Beck