Association CLI.M.A. 57-67-68
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mardi, le 11 NOVEMBRE 2008
Lettre d'informations n°16 - CLI.M.A. 57-67-68


Nouveautés et informations sur l’association CLI.M.A. 57-67-68,
météo, climato et photo en Alsace-Moselle.


    1] L’administratif


le Comité de Clima.57-67-68 se réunit à Kintzheim à partir de 13h00 chez notre ami, et non moins trésorier-adjoint, Xavier Wrtal . Un programme chargé sera traité pour préciser et réactualiser les orientations de l'association.

 
    2] La vie de notre site : www.clima.fr


Une nouvelle station s’est rajoutée dans la rubrique relevée. Bienvenu à la station de Sarrebourg et lui souhaitons beaucoup de plaisir en notre compagnie.


 
    3] Le bilan du mois d'octobre


Le mois d’octobre,

La moyenne de saison des température était légèrement positive de +0.74°C et le cumul des précipitations sont légèrement positives pour ce mois de 16.8% à 106.8mm.

Voici le fil des événements :

01 au 6 octobre

Déprimant

Le début du mois d’octobre a commencé avec une impression d’automne maussade avec des températures minimales parfois fraîches. Nous avons eu droit à des précipitations variées, bruines, averses parfois fortes, pluies continuelles et du grésil accompagné de quelques coups de tonnerres.

7 au 10 octobre

Plus lumineux et moins humide

Dans un flux sud-ouest s’est installé à l’avant d’un thalweg  présent sur l’ouest du pays donnant pour cette période un temps mitigé avec la particularité d’être assez douce ne descendant pas en dessous des 7.6°C et atteignant les 22.1°C. Le ciel était mitigé, quelques ondées, parfois abondantes, sont tombées entre de belles périodes ensoleillés. Quelques brouillards très locaux ont été de la partie.

12 au 15 octobre

L’été indien

Sous la protection d’un anticyclone, les matinées étaient régulièrement sous le brouillard parfois très dense. Apres la dissipation parfois tardive, nous avons eu droit à un ciel radieux donnant de belles couleurs à nos forêts. Les températures matinales étaient fraîches, sans excès. Les maximales étaient extrêmement douces avec des pointes de plus 24.4°C.

Le 16 octobre

Journée hors normes

Notre région s’est située dans un flux OSO nous étions sous l’influence d’une ciel de traîne très actif, cause d’une jonction 2 de dépression sur la mer Baltique et sur la mer l’atlantique Nord. Nous avons eu droit à un temps humide, pluvieux et relativement doux la nuit avec 13°C, cumul 23mm max

Les températures en journée n’ont guère évolué et très souvent les températures minimales ont été relevées en soirée entre 6°C et 11°C.

17 au 20 octobre

Frais et bonne douceur

Retour des conditions anticyclonique avec pour effet : les nuits sont beaucoup plus froides de 2.3°C et des températures maximales très agréables 22.5°C. Avec des telles conditions, des brouillards nombreux sont apparu un peu partout donnant un carambolage sur l’autoroute près de Metz. Le ciel était généralement peu nuageux à assez nuageux.

21 au 22 octobre

Instable et neige sur le massif vosgien

A l’avant d’un front froid qui a traversé nos régions donnant de bonnes précipitations, parfois abondante (cumul 12mm), accompagnées de coups de tonnerres dans le Sud du Haut-Rhin.

La sensation était sur un vrai temps d’automne avec un ciel Bâché, une sensation de fraîcheur sur les massifs des Vosges avec, à partir de 1000 mètres, des chutes de neiges. Les températures maximales ont chuté du jour au lendemain de 10.5°c.

23 au 26 octobre

Fin de l’été indien

Cette période était peu nuageuse à assez nuageuse donnant quelques petites averses mais le soleil était généralement généreux après que les brouillards parfois denses se soient levés, les températures étaient généralement bien froides de -1.9°C. Les maximales ont était plus agréables avec des pointes de 17.5°C, sinon comprise entre 14°C à 17°C. Certaines traces laissé dans les pluviomètre étaient plutôt dus à de la rosée ou au givre fondu.

27 au 31 octobre

Fraîcheurs et humidités

Les derniers jours d’octobre ont été maussades avec des pluies parfois importantes dans le Nord de l’Alsace, faible ou de la bruine en plaine d’alsace et sur le plateau lorrain. Le soleil n’ait apparu que très rarement par l’une ou l’autre petite éclaircie. Les températures ont était généralement assez fraîches avec une moyenne de 2°C le matin et aux alentours de 10°C dans l’après midi. Il est signalé quelques chutes de neige fondues en dessous 600 mètres d’altitude et plus haut un petit manteau blanc est apparu.

Conclusion:

Nous avons eu un mois d’octobre très aminé avec des changements radicaux d’un jour où sur des périodes de 3 jours. Les 1ères neiges sont apparues sur les sommets vosgiens. Des journée pluvieuse donnant des cumuls important,, d’autre entrecoupées de très belles périodes ensoleillés avec des maximales très agréables.

Nous pouvons qualifier ce mois d’octobre de mitigé.

Les chiffres de cette période :

Minimales de -2.3° C pour Wimmenau le 19.10

Maximal de 24.4°c pour Barembach le 12.10

Précipitations maximales 33.8mm le 27.10

La rafale la plus forte : 84km/h le 1er


 
    4] Visite de la station d’observation d’Entzheim


Visite de la station d’observation d’Entzheim

Après plusieurs dates de rencontre repoussées, c’est finalement le mardi 20 mai 2008, que 7 membres de CLI.M.A ont pu découvrir le premier volet de la visite des installations de Météo-France : la station d’observation météorologique de Strasbourg-Entzheim.

Cette première visite était initialement prévue en deux parties : la découverte de la Direction InterRégionale Nord-Est (DIRNE) à Illkirch suivie de celle de la station d’observation d’Entzheim. Malheureusement, la veille de cette rencontre, un impératif à Météo France a empêché notre contact de disposer des moyens matériels nécessaires pour que la visite se déroule dans les meilleures conditions, et il a été décidé de repousser à une date ultérieure la découverte de la DIRNE. Ce n’est donc que partie remise puisque le service prévision reste l’élément le plus intéressant pour les passionnés !

Et avant de connaître les secrets pour faire une bonne prévi, faut-il encore savoir faire une bonne observation et appréhender les indices du temps sur le terrain! C’est ce que nous allons apprendre à Entzheim.

Arrivés à la station à 14h30, la visite n’a pas tardé à commencer une fois les présentations effectuées avec M. Quinchard, ancien chef de la station de Colmar-Meyenheim. Ce dernier débute par des généralités sur la météo, comme l’importance des observations pour faire de bonnes prévisions, puis l’historique de la station et son utilité. En effet, elle permet de donner en temps réel les éléments météo importants à la tour de contrôle pour permettre aux aéronefs de se poser en toute sécurité (plafond nuageux, visibilité, temps présent, pression atmosphérique au niveau de la piste). Elle est également la station météo principale du Bas-Rhin, la seule avec présence humaine, apportant à Météo-France d’importantes données, utiles pour la prévision et la climatologie.

Vient ensuite la présentation du matériel présent à l’intérieur de la station avec notamment le CAOBS (CAlculateur d’OBServation). C’est sur cet ordinateur qu’arrivent toutes les données mesurées par les capteurs placés dans le parc (température, hygrométrie, insolation, rayonnement, et temps présent), et au niveau de la piste (télémètre à nuages laser pour déterminer la base des nuages et visibilité mesurée par le diffusomètre). Les paramètres observés et estimés par l’observateur tels que la visibilité, le temps significatif, la nébulosité, le type et la base de chaque couche nuageuse, ainsi que l’état du sol sont codés et enregistrés dans le CAOBS. C’est cet ordinateur qui codera automatiquement les différents messages transmis sur les réseaux météo comme le METAR (à des fins aéronautiques) et le SYNOP (données plus complètes à des fins météo).

Pour s’apercevoir du travail réel de l’observateur, nous sommes invités à sortir sur la terrasse pour appréhender le temps, et observer le panorama sur la piste. C’est alors qu’un étrange instrument attire l’attention de tous les membres… Une espèce de boule de cristal… Serait-ce le secret pour faire de bonnes prévisions ? Après quelques explications, c’est un instrument qui a déjà sa place dans un musée mais que la station conserve au coin de sa terrasse. C’est une sphère en verre maintenue par un support métallique tout comme un globe. Il s’agit en réalité d’un ancien héliographe qui, comme son nom l’indique, permet de mesurer la durée d’insolation. En effet, une bande de papier placée à l’arrière de la boule brûle lorsque le soleil brille, la sphère réagissant comme une loupe… En retirant la bande de papier graduée en heures, il suffit de compter les heures d’ensoleillement… Malins les ancêtres…

En retournant dans la station, quelques écrans attiraient l’attention des membres les plus curieux. L’un des ordinateurs permet de recevoir les images satellites en temps réel et c’est avec grand intérêt que nous avons écouté les explications de M. Quinchard et de l’observatrice sur les différentes images et leur utilité ! Un autre écran avec des points intriguait les visiteurs… Chaque point représente la hauteur de la base du nuage passant à la verticale du télémètre laser avec une précision de 10 mètres !

Le tour de la station étant à présent terminé, il nous reste à voir le matériel d’observation sur le terrain de plus près. Ainsi, c’est après avoir remercié l’observatrice que nous quittons la station pour nous diriger vers le parc à instruments. Celui-ci s’avère très simple puisque composé d’un pluviomètre à lecture directe, d’un pluviomètre électronique, d’un abri météo avec sondes de température et d’humidité, et de capteurs de température au-dessus et dans le sol à différents niveaux. La description du fonctionnement des instruments est assez rapide car déjà connue des membres possédant une station personnelle puisque le principe est identique (pluviomètre à augets, etc…). De plus, les mesures étant informatisées, les capteurs ne révèlent rien en apparence ! Un peu plus loin, le pyranomètre et l’héliographe, mesurant respectivement le rayonnement et l’insolation, méritent quelques dernières minutes d’attention, tout comme le capteur « temps présent » détectant la nature des précipitations lorsque l’observateur est absent. L’anémomètre, la girouette, le diffusomètre ainsi que le télémètre à nuages sont placés à proximité de la piste et ne peuvent donc être approchés.

La visite touche déjà à sa fin et M. Quinchard répond aux dernières questions des membres avant de nous quitter. L’après-midi s’est terminée, comme à l’accoutumée, autour d’un petit rafraîchissement dans une winstub à Entzheim, dans une ambiance très conviviale

Jérome Heyd


 
    5] Photos du mois


Les plus belles photos du mois d'octobre retenues par notre jury composé de Jules Beck, Yves Drouin et Jean-Luc Feltmann


 
Bouxwiller le 17.10.08 à 17h30 par Beck Jean.

 
Dossenheim sur Zinzel le 01.10.08 à 18h20 par Beck Jean.

 
Le Horn à Wolxheim le 10.10.08 à 16h00 par Sarther René.

 
Entzheim le 07.10.08 à 15h30 par Sarther René.

 
Oermingen le 05.10.08 à 16h40 par Deichel Alain.

 
    6] La Climatologie


Le climat de 1335 à 1370 en Alsace-Moselle

Le temps au milieu du XIVe siècle

 

De 1335 à 1350 : une période de disette, assombrie par l’arrivée de la peste noire et par l'explosion de l’antisémitisme

En 1337 la situation de disette est terrible en Alsace ; la population souffre depuis longtemps de ce fléau et se retrouve souvent pieds et mains liés aux usuriers juifs dont ils sont obligés d’utiliser les services pour pouvoir continuer à (sur)vivre tout en s’enfonçant dans les dettes. Dans cette ambiance de haine attisée par quelques extrémistes, une bande de pillards s’organise en Basse-Alsace pour persécuter les juifs tant détestés et voler « ce qu’ils ont injustement gagné sur le dos des braves gens » pré tendent-ils ; ainsi 2000 voyous, partis de Dorlisheim (près de Molsheim) et  menés par un certain Armleder, dévalisent, rançonnent et parfois massacrent les juifs à travers la région et ce, malgré les protestations des autorités qui n’entreprennent pourtant aucune action contre ces actes de grand banditisme.

L’antisémitisme prend des proportions importantes puisque l’on compte environ 15000 juifs massacrés, notamment à Mulhouse, Ensisheim et Ribeauvillé.

Ces exactions se poursuivent jusqu’en 1938, les juifs de Rouffach subissent le même sort,  quant à  Armelder et ces sbires, ils vont aller jusqu’à mettre le siège devant Colmar pour qu’on leur livre les juifs de la ville, sans obtenir toutefois satisfaction.

L’antisémitisme prend tellement d’ampleur que l’autorité suprême, l’empereur Louis de Bavière, réagit de manière ferme contre les malfrats qui sévissent dans tout l’Empire ; en Alsace  il soutient  la formation d’une coalition de nobles et de bourgeois des villes pour s’opposer par les armes aux menées des pillards. Finalement  Armleder  est arrêté mais cela ne stoppe pas le moins du monde le phénomène.

L’hiver 1339 est très froid avec le gel total des cours d’eau, ce qui n’arrange rien ! C’est le moment que choisissent des meneurs pour organiser des manifestations antisémites  dans la ville de Strasbourg et la municipalité est obligé d’expulser les fauteurs de trouble.

En 1340, afin de détourner les édits impériaux  destinés à protéger les juifs, on commence à les accuser de fomenter un complot contre les chrétiens, on les accuse d’empoisonner les puits et d’être  responsables des épidémies qui frappent la population, d’autant plus facilement que la peste  reprend de plus belle ; c’est de nouveau le Kochersberg qui est le plus touché : la colère monte et on assassine des juifs injustement soupçonnés de répandre cette terrible maladie .

Les conditions climatiques finissent par s’améliorer en devenant plus clémentes, les esprits se calment un moment mais le ver est dans la pomme et l’antisémitisme persiste bel et bien ! Et ce phénomène n’est pas localisé à notre région, c’est le cas dans toute l’Europe !

En 1343 ce sont les crues du Rhin qui ravagent la plaine d’Alsace ; elles sont si puissantes qu’elles minent même une partie des remparts de Strasbourg dont de grandes portions s’effondrent dans les eaux boueuses.

Dès 1347 les juifs sont montrés du doigt à travers toute l’Europe comme étant les grands (et seuls) responsables de la peste noire, la plus meurtrière,  qui sévit d’abord dans le sud du continent. Alors que la Moselle et l’Alsace ne sont pas encore touchées, l’annonce de la propagation de cette maladie terrifie la population car le fléau provoque une forte mortalité. En 1348 on tremble de peur car la peste progresse très vite en remontant du sud ; des mouvements de panique ont même lieu, des sectes apparaissent et prédisent la fin du monde, les flagellants traversent la région en se frappant jusqu’au sang, offrant au menu peuple un spectacle de désolation. D’autres signes sont exploités par ceux qui profitent de la peur des gens pour arriver à leurs fins, comme les effets (surtout psychologiques) d’un petit tremblement de terre sans gravité qui secoue l’Alsace en janvier 1348.

En 1349 la peste noire finit par atteindre l’Alsace ; dès le 9 janvier les Bâlois s’acharnent contre les juifs qui sont brûlés sur des bûchers et la municipalité de Bâle demande à celle de Strasbourg de faire de même avant que les juifs n’arrivent à propager le fléau dans la ville. Strasbourg reste de marbre mais comme la peste continue sa progression…….les esprits s’échauffent !

Finalement, devant l’impossibilité de lutter contre la peste noire qui tue en 3 ou 4 jours après l’incubation, la population est frappée de plein fouet comme ces malheureux habitants de Villé qui sont décimés à 90% ; et les autorités vont s’acharner contre les juifs officiellement déclarés responsables de ce malheur !

A Mulhouse, comme dans d’autres villes, on exécute 900 juifs sur des bûchers à l’exemple de Bâle ; des centaines périssent de la même façon le 13 février 1349 à Colmar  alors que la ville de Strasbourg a commencé depuis le 9 février l’expulsion  de ses juifs, établis dans un quartier réservé ; la ville exige d’eux le baptême et les récalcitrants sont enfermés et finalement exécutés sur d’horribles bûchers le 14 février.

Seule la ville de Haguena, directement soumise à l’autorité de l’empereur, se refuse à participer à ce génocide parfaitement  injustifié (les juifs meurent également de la peste comme les autres) et épargne tous les juifs qui se sont réfugiés derrière ses remparts.

Mais rien n’y fait, la peste continue ses ravages et les massacres n’auront servi qu’à assouvir la rage de la population démunie car le fléau persiste.

L’été  1349 est très frais et pluvieux ce qui provoque de mauvaises récoltes et des vendanges médiocres, maintenant la pénurie alimentaire

Le nombre des décès est tel, à hauteur d’environ 30% de la population disparue dans cet épisode dramatique, que notre région va cruellement manquer de bras. Dès 1350, c’est le constat que font les autorités : l’agriculture déjà mal en point manque de bras, beaucoup de parcelles cultivées restent en friche et une forte hausse des prix s’amorce par à-coups jusqu’en 1360. Le bilan général de la peste noire qui est réalisé en 1353 estime ses ravages  à 25 millions de morts pour l’ensemble de l’Europe. La Moselle et l’Alsace ne sont donc pas des cas isolés !

De 1350 à 1370 : des années de séismes

Dans cette période on note un retrait lent mais visible des glaciers alpins qui débute vers 1350 pour durer environ 2 siècles puisque ce phénomène ne s’arrête que vers 1550 ; le climat se radoucit lentement mais d’une manière générale.

Le 15 octobre 1356, en Alsace,  a lieu un puissant tremblement de terre suivi de nombreuses répliques secondaires les jours suivants ; l’épicentre se trouve tout près de Bâle, ville en partie détruite, les morts s’y comptent par centaines. Le Haut-Rhin est également très touché, de nombreux édifices, églises, châteaux, sont endommagés, parfois totalement détruits, notamment dans le Jura Alsacien. Strasbourg, plus au nord, ne connaît pas de gros dégâts à l’instar des communes du Bas-Rhin. Des secours sont organisés en Alsace pour venir en aide aux sinistrés de la région bâloise.

En 1357 la pénurie alimentaire est toujours d’actualité, elle est principalement due au manque de main d’œuvre pour cultiver les champs et les prix ne cessent de monter. De nouvelles secousses sismiques ébranlent la région les 9 et 15 mai 1357 mais elles restent sans réelle gravité ; cependant, craignant le pire, la ville de Strasbourg  prend des mesures très fermes en ordonnant la destruction préventive des cheminées trop hautes et des pignons trop élevés et fragilisés.

En 1358 c’est l’hiver qui fait parler de lui car il fait vraiment froid et la neige est abondante ; il en est de même pour l’hiver 1361, très froid, avec des cours d’eau pris dans les glaces ; la peste bubonique est encore présente dans la région et la famine n’arrive pas à se résorber.

En 1362 la terreur hante de nouveau les Alsaciens avec un nouveau tremblement de terre, fort heureusement assez faible car il y a eu plus de peur que de mal ; cette année-ci de grandes tempêtes secouent nos forêts et nos masures, ce qui n’est pas non plus pour rassurer les gens.

Nouveau tremblement de terre en 1363, mais sans gravité ; c’est en décembre que l’hiver  commence avec des températures très basses qui se prolongent jusqu’en  janvier 1364 ; les rivières et le Rhin sont gelés pendant presque 14 semaines, le redoux n’intervenant vraiment que fin mars. L’année agricole 1364, on le devine, est très mauvaise et la famine s’aggrave dès 1365, surtout en Alsace, avec une invasion de campagnols, favorisée par un été très chaud, qui dévorent frénétiquement tout ce qu’ils trouvent jusque dans les greniers les mieux gardés. Enfin une nouvelle épidémie de peste bubonique se déclare en Alsace et frappe mortellement les plus affaiblis par les privations.

Mais, à partir de 1365 et davantage encore à partir de 1370, et jusque vers 1398, le climat sera marqué par des hivers en général doux et par des étés chauds, plus favorables à l’agriculture. Mais la misère a pris des proportions si terribles que les mendiants se comptent par milliers ; en 1367 la ville de Strasbourg organise des distributions de draps aux pauvres en plus de la nourriture déjà servie dans les rues. Enfin, la hausse des prix qui accroît la misère, assez irrégulière depuis  1350 mais avec de brusques variations, continue sa progression, de manière plus durable et régulière, et s’accélère encore de 1368 à 1370.

Jean-Sébastien Beck